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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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ÎH1ST0IRE DE FRANCE. Lnr. XXIII. i 45

Chevaliers fut limité à cent, 3 c le Roi en unit pour jamais la Grande Sj-crroNMaîtrise à la Couronne de France. Les Statuts furent dressés avec ix.beaucoup d’habileté & de foin ; le grand but du Roi étoit de s’attacherquantité de Noblesse, de détacher des Seigneurs de la Ligue , parce- deque par un des Statuts le Chevalier doit faire serment, de ne prendre Valois,gages, pensions, ni état d’aucun Prince quelconque que du Roi ; il avoit —- — —encore en vue de gagner par cet honneur les grands Seigneurs Réformés,n’y aiant que des Catholiques qui y pussent être admis.

Dans ces entrefaites, les Conférences de Nerac fe terminerent entiere- Nouvellesment à l’avantage des Réformés par l'adresse de la Reine de Navarre, non Places depour l’amour de son mari, mais par haine pour son frere; on leur accorda faetéaccw-encore trois Places de fureté en Guienne, jufqu’au mois d’Août suivant,

& onze dans le Languedoc jusqu’au mois d’Octobre («). La Reine - Merepaíîà de Guienne en Languedoc, aiant grande envie d’avoir une entrevueavec le Maréchal de Bellegarde, qui étoit fort lié avec Lesdiguieres, &avec le Duc de Savoye; on soupçonnoit même qu’il l’étoit aulsi avec leRoi d’Espagne. Le Maréchal aiant fait difficulté de passer les monts, laReine engagea le Duc de Savoye de l’accompagner. Elle entendit lesjustifications de Bellegarde, feignit de les approuver, & le confirma dans sonGouvernement., Quelques -uns crurent que la mort du Maréchal fut la clé dudésir ardent que la Reine avoit eu pour cette entrevue ; car il mourut sixjours après son retour à Saìuces. On donna cependant son Gouvernementson fils, mais comme il étoit jeune encore on nomma pour commanderen son nom Jean Louis de Nogaret de la Valette, depuis Duc d’Epernon.

La Reine fit aussi de grandes caresses au Maréchal de Damville, quenous appellerons dans la fuite Montmorenci, son frere aîné étant mort;on crut qu’il avoit été empoisonné , car en ce tems-là les Grands meu-roient rarement de mort naturelle.

A son retour à la Cour, la Reine-Mere trouva une nouvelle bande La guerrede Favoris, mais nul changement dans la conduite du Roi. Le Ducrecommen-d’Alençon passa au mois d’Août incognito en Angleterre, parceque Si-mier son Envoyé auprès de la Reine Elizabeth , s'étoit mis fort bien 15801dans l’eiprit de cette Princesse, en lui fesant connoitre certains traitshardis de quelques-uns de ses Ministres (b) La Reine le reçut de façon,qu’elle le renvoya fort persuadé, que s’il étoit maître des Pays-Bas, il ob-stendroit fa main & fa couronne. La Reine-Mere, après avoir pris tantde peines pour faire la paix, avoit conçu de nouveau l’envie de recom-mencer la guerre vers la fin de l’année précédente ; au moins toute lah'rance en jugea ainsi, parceque le Maréchal de Damville demanda au Roide Navarre la restitution des Places de fureté , & le Roi les lui refusaîvut net. II avoit déja pris ses mesures avec le Prince de Condé & Les-diguieres; le premier surprit le 30 Novembre la Fere en Picardie, & pas-A ensuite en Allemagne pour obtenir un secours de Troupes des PrincesPr otestans (c).

1, 0 * Mein. de la Reine Marguerite L. O) De Thou L. LXVIII. Mezsray, Da-li. Daniel p. 44 .q, Mezcray, niel p. 458.

_ (O Les mêmes.

Tome XXXI, T