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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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IX

DerniersRnis de laMaison de. Valois.

Le Roi deNavarresurprendCafaors.

La pgixeonclue.

isó HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIIÎ.

Dans la derniere guerre, les Réformés avaient trouvé ie Roi de Navar-re trop indolent; le dernier Traité de Nerac leur avoir donné meilleureopinion de lui ; mais ne l’aiant que peu ou point connu comme guerrier,ils trouvèrent qu’il s’étoit trop hâté de prendre les armes. Ils avoientquelque apparence de raison, mais c’étoit tout ; de soixante Places , où le• Roi, le Prince de Condé & Lesdiguieres avoient des intelligences , ils nepurent «'emparer que de trois, & les Réformés jugeant par l’événementblâmoient ce qu’ils ne comprenoient point. Le Roi de Navarre fut fortpiqué des marques de froideur qu’on lui donnoit, qui avoiíinoient même lemépris. 11 proposa dans son Conseil de guerre de surprendre Cahors,Capitale du Querci, Place forte par fa situation, où il y avoit une nom-breuse garnison , & un Commandant nommé Vérins, connu pour hommede valeur & d’expérience. Ceux qui composoient le Conseil, déconseillè-rent cette entreprise, qui leur paroiísoit fort hasardeuse, Quoiqu’ils pus-sent représenter au Roi,il leur répondit tranquillement,que tout lui seroitpossible avec des gens aussi braves qu’il les connoiffoit tous. II arriva quela nuit qu’is fit l’attaque, il survint un furieux orage. II se servit du pé-tard , invention encore nouvelle, & dont on ne s’étoit pas encore servi enFrance; il força par ce moyen la porte du Pont-neuf, & tailla en piecesla garde qui y étoit; & fit sauter ensuite la porte de la ville par un secondpétard ; le bruit du tonnerre empêcha les habitans de distinguer celui dupétard (à). Vérins ne laissa pas de faire une défense opiniâtre, il disputale terrein pied à pied ; ensorte qu’il se passa cinq jours avant qu’on pût lechasser de la Place. Le Roi à la tête de ses Gardes emporta la derniere &la plus forte barricade (b). Ce fut un grand coup pour ce Prince ; nonseulement il s’assura d’une Place importante, mais il donna à ceux de sonparti une haute idée de son intrépidité & de son activité. Ce succès futsuivi d’un revers. Le Roi de Navarre avoit eu des démêlés avec l'A miraide Villars, Lieutenant du Roi en Guienne, & la Reine-Mere avoit àfa propre réquisition mis à la place de l’Amiral le Maréchal de Biron,son ami. Mais le Maréchal lui fit bientôt comprendre, qu’il n’étoit plusquestion d’amidé, quand il s’agíssoit de son devoir, desorte que le Roi neput faire aucuns progrès en Guienne (c).

Dans ces entrefaites l’Armée Royale, commandée par le Maréchal deMatignon, alla mettre le siégé devant la Fere ; & elle se trouva si bienpourvue à tous égards, qu’on appella ce siégé, le fiege àe velours. LaPlace se défendit vigoureusement pendant plus de deux mois, & se rendità la fin d’Août à des conditions honorables. II se passa quelques autresactions peu importantes; mais les Etats des Pays-Bas aiant offert au Ducd’Alençon la Souveraineté de leur Pays, celui ci, qui étoit réconcilié avecle Roi son frere, lui offrit sa médiation pour finir la guerre civile; le Roinon seulement accepta la proposition avec joie, mais encore il lui promitque s’il réussiffoit, il travailleroit tout de bon à son établissement. Le Ducs’aboucha avec le Roi de Navarre au Château de Flex fur la Dordogne,

(a) D'Aulngnè T. II. L. IV. Ch. 7 -(i) De Tlmi ubl sup. Daniel p. 4<$2.

(r) De Thoù 1 . C. Daniels. 463.