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IX.
DentiersRois de laMaison deValois,
Tl passe enAngleterreConduite,mystérieusede la ReineElízabethdans f affai-rée de sonmariage.
148 HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIIX.
de Parme, successeur de Don Juan d’Autriche dans le Gouvernement dësPays-Bas mit le siégé devant Cambrai; le Duc d’Alençon s’avança ausecours de la Place avec une Armée supérieure à celle du Prince, quileva le siégé. Etant entré dans la ville le Duc obligea le GouverneurFlamand, qui avoit tout sacrifié pour son service d’en ceder le Gouverne*ment à Jean de Baíagni, fils de Montluc, Evêque de Valence; ce qu!causa du mécontentement (a). Trouvant de plus en plus des difficultésdans son entreprise, le Duc prit la résolution de passer en Angleterre,afin de lever par sa présence les obstacles qui se rencontroient à l’al-liance entre les deux Couronnes contre l’Espagne; le Roi son frere in-sistant à ce qu’elle fût précedée du mariage, tandis que la Reine Eliza-beth demandoit la conclusion de l’alliance pour contenter ses sujets,avant qu’on fit le mariage.
Le Duc d’AIençon arriva au mois de Novembre à la Cour d’Angleter-re; où il fut reçu avec toutes les marques possibles d’estime & dissec-tion (b). Les Historiens François disent, qu’on dressa un Acte de laforme de la célébration du mariage, & que la Reine mit un anneau audoigt du Duc, en lui disant qu’elle le fiançoit dès ce moment-là (c).Nos Historiens parlent de l’anneau ( d ), mais ne disent rien de l'Acte;tous conviennent, qu’elle révoqua d’abord tout ce qu’elle avoit fait,mais fans rompre néanmoins tout -à -fait le mariage , qu’elle prétendoicseulement différer. On peut néanmoins soupçonner avec fondement,que tout cela n’étoit qu’un manege dont peu de personnes avoient le se-cret. La Reine se trouvoit dans des conjonctures critiques ; elle connois-soit parfaitement le caractère de ceux à qui elle avoit à faire ; elle savoitqu’il étoit de son intérêt de les duper, L tout bien considéré, elle croyoit,qu’ils ne feroient pas fort portés, peut-être pas même en état de s’en res-sentir , quand ils verroient qu’ils avoient été abusés. Si le Duc échoua àP égard du point capital de son voyage il ne laissa pas d’y trouver soncompte à divers autres égards. Le bruit seul de son mariage lui donna àcrédit ; la Reine lui donna tout l’appui qu’il pouvoit desirer dans les Pays-Bas; elle lui fournit quelques Troupes, lui fit présent à une fois de centmille écus ; elìe feignit de le retenir à fa Cour malgré lui, afin que sonretour sans être marié ne portât aucun préjudice à ses affaires; elle luifit de grands présens, & le fit accompagner honorablement de quantitéde Noblesse (e). La conduite de cette Princesse embarrassa tous les Politi-ques de son teins, & elle n'a pas moins intrigué les Historiens, qui ontentrepris de l’expliquer. UnjourBodin, Chancelier du Duc d’AIençon,dit à Elizabeth qu’il travailloit à l’éloge de grands personnages de ce tems*là, & qu’il n’âvoit garde de manquer d’y donner place à fa Majesté, maisque cet endroit de son Histoire l’embarrassoit ; elle lui répondit. Savez -yous, Monsieur Badin , ce que l’on dira quand vous k mettrez ? On dira
(rt! Daniel I. c p. 505 . Mera. de Sulli de Lincoln, des Comtes de Sussexde Bed-T.I.L 11 p.154» 155»Edit.de 1747 ini2o. ford. de Leicestre, de Hatton & de Wúl-
(D Daniel p 5H- íìngham.
(ci Cet acte est dans la Bibliothèque de (f, Strypcs Armais.
M. l'oucaut, avec la signature del’Evêgtie W Daniel T. XII. p. zix