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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

•Section

IX.

DerniersRois de laMaison deValois.

Intriguesdes Guisesavec le Duc

Prince

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Ce qu’il y a de certain c’eít que ses raffinemens de politique, au lieu dele maintenir, ne servirent qu’à le perdre, en irritant les deux Partis déjaformés; & surtout les Guises. Voyant que le Roi les haïssoit, qu’il tra-vailloit par toutes les voies possibles à les abaisser, & à diminuer leur cré-dit , ils recommencèrent les intrigues, pour lesquelles leur famille avoir étédécriée dès son entrée en France («). Dans la vue de s’élever, ils cabale-rent avec le Duc Alençon, Héritier présomptif de la Couronne. Depuisque ses affaires étoient ruinées dans les Pays-Bas, il avoit erré de lieu end’Aknçon sieu comme un homme égaré, honteux de ce qu’il avoit fait, & ne sachantMort "de ce quel parti prendre. Le Duc de Guise le trouva dans cette disposition, &le charma en lui fêlant concevoir l’espérance de se voir encore à la têted’un puissant parti ; il parut donc quelques jours être absolument à ladisposition des Guises. Mais soit par un effet de son inconstance naturel-le , soit par quelque autre motif, il se rendit à la Cour pendant le Carna-val, lorsqu’on l’y attendoit le moins, se jetta aux pieds duRoi, & luidécouvrit tout ce qu’il savoit. Cette démarche lui procura un accueil très-favorable, & suivant toute apparence les deux freres se réconcilièrentsincèrement (b). Le Duc s’en retourna ensuite à Château-Thierri , oùsa santé alla toujours en empirant, la Reine-Mere vint le voir,A voyantqu’il étoit hors d’espérance, elle emporta les effets les plus précieux- IIavoit une fievre étique , & un violent accès de toux lui aiant rompuune veine dans la poitrine , il languit quelques jours «St mourut le iode Juin (c). On crut néanmoins en France & ailleurs, qu’il avoit étéempoisonné, & ce qui donna peut-être plus de crédit à ce bruit qu’ilne méritoit, ce fut l’attentat fur la vie de la Reine Elizabeth par Parry, 6cle barbare assassinat du Prince d’Orange, la même année (d).

La mort de Monsieur, frere du Roi, malgré ses défauts, fut regardéeavec raison comme .un grand malheur pour la France, 6c la source destroubles qui suivirent, dont ce Prince n’avoit pas voulu être fauteur. IIest question de voir quels étoient les desseins de la Maison de Guise, lesprécautions que le Roi prit pour s’y opposer, & comment les Guises nelaissèrent pas de trouver moyen d’exciter une guerre civile, & d’être ap-puyés par quelques-unes des premieres Maisons du Royaume. Nous nepouvons entrer dans un détail exact de tout, la nature de notre ouvrage necomporte qu’un exposé aussi succint que smcere qu’il est possible. La pre-mière assemblée des Ligueurs se tint proche de Nanci dans une maison duSieur de Baffompierre; ceux qui s’y trouvèrent furent le Duc de Lorraine,les Ducs de Guise 6c de Mayenne, le Cardinal de Guise , plusieurs de leursConfidens, & quelques Agens de la Cour d’Espagne. ils délibérèrent furiesmoyens de soulever le peuple ; on exposa fort au long les fautes du Gou-vernement , les abus qui regnoient, l’oppression des peuples, ce qui n’étoicpas difficile; on les attribua aux Mignons & à leurs créatures, aussi bien

qu’à

Projets deschefs de laLigue.

(sl) Bries discours & véritable des princi- (S) Mezeray 1 . c. 276.

pales Conjurations de ceux de la Maison de (c) Là-même, Journal de Henri III-

Guise, contre le Roi & son Royaume, les p> 7 °-Princes de son sang & ses Estats, (d) Mezeray p. 277.