Buch 
31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
Seite
153
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 153 *qu’à l’incapacité du Roi, de qui l’on ne pouvoit plus rien espérer. On ne Sectïomparla pas alors de l’appréhension d’un Successeur hérétique de la couronne, ix.parceque le Duc d’Alençon vivoit encore, & que les Ligueurs espéraient R ‘[ s m ^ s litde savoir à leur tête. On garda aussi Je silence sur la Religion, pour ne Maison depas mettre les Protestans dans la nécessité de s’attacher à Henri, & pour Valois.

ne pas se priver du secours du Prince Casimir, qui aiant plus d’une fois ti--

ré de bonnes dépouilles de la France, n’étoit pas éloigné de prendre partà une nouvelle entreprise, pourvu que ce ne fût ni contre les Protestans,ni contre le Roi de Navarre. La découverte de leurs projets & la mortdu Duc d’Alençon ne découragèrent ni ne dissipèrent les Ligueurs, aucontraire ils jugèrent que cela mettoit leurs affaires fur un meilleurpied, parcequ’ils avoient Je prétexte populaire du danger où l’on étoicde voir un Prince hérétique fur le trône. Ce qui les embarrassoit leplus, c’étoit de trouver un Prince pour mettre à leur tête. La Reine-Mere avoit certainement en vue de changer Tordre de la succession en»faveur du Prince de Lorraine son petit - fils, & le Duc pere du Prince,

Vouloit qu’on le déclarât chef de la Ligue. Mais le Duc de Guise,qui avoit dessein de l’être lui - même, préféra son intérêt particulier àcelui de sa Maison. Par cette raison il appuya Charles Cardinal deBourbon, vieux & foible, qui s’imaginoit depuis longtems avoir droit àla couronne, fous prétexte que passant par héritage à la branche deBourbon, il étoit d’un degré plus proche que son neveu; d’ailleurs ils’étoit montré, peut-être par ce motif, Catholique zélé & même em-porté (a).

Le Roi n’ignoroit pas toutes ces intrigues, & on dit même qu’il parla Le Roi en.fort nettement au Cardinal fur ce sujet. II jugea à-propos de faire plus; voyeieDuecomme il avoit marié le Duc de Joyeuse, un de ses Favoris, dans la Mai- d auson de Lorraine ; il chargea le Duc d’Epernon d’une commission impor- jf ayarrt ,tante pour le Roi de Navarre,- elle consistoit, à l’informer des desseins desMusses, en rassurant de fa part qu’il étoit très-bien intentionné pour lui,

& à l’exhorter à rentrer dans le sein de l’Eglise Catholique , comme letroyen le plus sûr de lui assurer la Couronne. Le Duc s’acquitta de faCommission fidèlement, & fit valoir toutes les raisons d’intérêt & de politi-que mais fans succès. Le Roi de Navarre le reçut néanmois très-bien, luidit qu’il conservoit pour le Roi toute la reconnoissance & tout rattache-ment possible, mais il s’excusa sur l’article de la religion d’une façon sage &modérée (L). Du Plessis Mornay, qui étoit fort en faveur auprès de ce. rince, crut lui rendre un grand service en rendant ses sentimens publics;

}! i? fit à fa maniéré, en attribuant à son Maître un grand zele pour la Re-jë'ion Réformée. Cela dissipa à la vérité les appréhensions que le voyagedu Duc d’Epernon avoit données aux Ministres, mais fournit en mêmeï^ms aux Ligueurs un prétexte de décrier les deux Rois, l’un comme unhérétique obstiné & l’autre comme fauteur de l’Hérésie (c).

(a) Mezeray 1.Henri 111, p. 73 ,

c. p.

74 .

278. Journal de

Tome XXXI.

(b) Vie du Duc d’Epernon par GirardT. I. p. 72.

(c) De Thou L. EX XX. Mtzeray f. c.

V