HISTOIRE DE FRAJSTCE. LîV. XXíII. i 55
pos public ceux qui prendroient les Arteies fans, p'rdre d u Roi. Ceia Shcttonn’empêcha pas les Ligueurs de s’emparer de la ville & de la citadelle ix.de Lyon (a). Si le Roi avoic suivi le conseil du Maréchal/d’Aumont, R e g ™™ r g s (qu’il se fût mis en campagne, & eût fait paroitre_ du courage, il auroi t_Maifonu esans peine dissipé les Troupes de la Ligue, & obligé le Duc de Guise Valois,à sortir du Royaume. t .. " —
Mais la Reine-Mere avoit en grande partie repris, son , crédit ,• - ainsi.qu’il parût par une foible apologie deisa conduite, que le Roi publia, h.ligueurs.la fin de laquelle ibpromettoit ses bonnes, grâces à tous ceux qui .renoncé-roient à toutes ligues associations (b). La Reine alla ensuite à Rhsims,où elle conféra avec le Duc de Guise & le Cardinal de Bourbon ; ils lui re-mirent un écrit insolent, par lequel ils demandoient,. que le Roi, contrai-gnit les Huguenots de lui remettre les villes de fureté qu’ils avoient;- qu’ilrenonçât à la protection de Gèneve; qu’il accordât âux Ligueurs plusieursvilles de fureté, de.l’argent pour payer leurs Troupes, <Sc qu’il révoquâttous les Edits donnés en faveur des Huguenots (§). La paix fut conclue,au commencement de Juillet, à ces conditions, & le 18 du même mois,elle fut confirmée par un Edit du RoL II envoya peu après des Députésau Roi de Navarre ; pour le solliciter encore de rentrer dans le : sein del’Eglisé Catholique. Henri ilí. cherchoit à gagner du tems, au 'liey queles Guises avoit en vue de rendre le Roi de Navarre de plus en plus odieux,
& irréconciliable avec les Catholiques. Le Maréchal de Montmorenci se ■ligua avec ce Prince & le Prince de Condé (d),
' L’Edit par lequel le Roi mettoit le sceau à la paix, étoit daté de Ne- Ligue desmours. Quand le Roi de Navarre le lut, il en fut si accablé,*, que pensant Se ! ze èta \profondément aux maux gui alloient fondre,fur le Royaume, la partie de Miei l >ansfa moustache du côté où il avoit.la tête appuyée fur fa main, lui blanchittout à coup, circonstance, que ^Historien qui la rapporte, assure avoirapprise de la bouche même du Roi (c). Quelque touché que ce Prince futde l’Edit, il n’abattit point son courage, òt ne l’empêcha pas de se con-duire toujours avec autant de prudence que de résolution. Quant au maUheureux Henri III., il alla à Paris .afin de demânder des subsides, pourune guerre, qu’il condamnoìt dans le cœur. A proprement parler fa Ca-pitale n’étoit plus à lui. Un Bourgeois, nommé la Rocheblond , avoitformé un Ligue particulière dans Paris ; pour entretenir la correspondanceentre ceux de son Parti, & en connoitre mieux la force, il partagea lesseize quartiers de Paris entre six personnes, d’où leur vint le nom de Seize ;c es Factieux, que le Duc de Guise autorisa, se rendirent bientôt redoutâ-mes au Roi & au Royaume ; & tant que le monde subsistera, leur mémoirefera odieuse aux gens sages & raisonnables (/). Ceux qui entroient danscette Ligue déclaraient- par ferment, qu’elle se fesoit contre l’Hérésie,
(«) Daniel p. 561. (s) Matthieu L. VIII.
(Q Le même p. 563, De Thou L. LXXXI. (/) De Thrn L. LXXXVI. Daniel ?-r/A L c. p. 565,566. De Thou l.c. 57s. Maimbo.urg Hìít. de la Ligue T. L p.
W Mezeray p. 283 . De IJm. , m. 81 & suiv.