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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. IS?que par l’imprudence de ce Prince , qui étoic allé voir une de ses Sectio»Maîtresses , il pensa le prendre ; mais le Roi de Navarre se sauva tant ix.par sa diligence, que par ia connivence d’un des Officiers du Duc (a)

Le Duc d’Epernon commandoit une troisième Armée en Provence & Maison deen Dauphine , & n’agissoit que pour le service du Roi, en tenant les Valois.Protestans & les Ligués en respect (è). Le Duc de Guise avec une petite ■ '

Armée en Champagne & en Bourgogne fit plus que tous les autres. Joyeu-se ruina un bon corps de Troupes, à prendre quelques bicoques ; ce qui fitconnoitre au Roi, qu’il l’avoit abandonné pour servir la Ligue. Le Ducde Mayenne, de retour de l’Armée, fit de grandes plaintes de ce qu’onl’avoìt laissé manquer de tout, fait échouer ses desseins, & ruiné son Ar-mée faute de paye. Le Roi alla donc au mois de Juin au Parlement, ytint son lit de Justice, & força la Cour d’enrégistrer vingt-sept Edits bur-faux; mais il eut foin en même tems de faire répandre parmi le peuple,que cet argent n’étoit point pour son service, & que les Edits n’étoientpoint de son invention ; mais qu’ils étoient dictés par la néceslité pour sou-tenir la Ligue (c).

Le Prince de Condé aiant obtenu un secours considérable de la Reine Suite de lad’Angleterre, fesoit la guerre en Xaintonge avec succès. Le Roi de Na- S uer >'t-varre s’y rendit, & pour faire plaisir aux llochelois, il s’engagea dans uneentreprise, qui s’il y avoit bien pensé ne lui auroit pas paru valoir la peinequ’il prit, & le risque qu’il courut, C’étojt l’attaque de Brouage du côtéde la mer, non pour prendre la Place, mais pour en boucher le port, pourattirer par là tout le commerce à la Rochelle (d). Le Prince de Condé ob-tint un autre avantage considérable en épousant une Princesse de la Maisonde la Trimouille ; par là il gagna le Duc de ce nom frere de fa femme, quiembrassa la Religion Réformée & se déclara pour ceux qui la défendoient,bien que son pere eût été le Chef de la Ligue en Poitou (s). On envoya leMaréchal de Biron pour rétablir les affaires dans ces quartiers-là, mais iln’y fit pas de grands exploits. II arriva en ce teins-là à Aix une avanturequi mérite d’être rapportée. Le Chevalier d'Angoulême, Grand Prieur deFrance, haïssait fort un Gentilhomme Italien nommé Altoviti ; l’aiant ap-perçu à la fenêtre d’une Maison vis-à-vis de celle où il étoit, le Chevalieralla à lui, & lui donna de son épée au travers du corps. Alcoviti, quoiquemortellement blessé, saisit son ennemi & lui donna de son poignard dansle bas ventre; quelques Gentilshommes du Chevalier accoururent & perce,rent l'Italien de plusieurs coups, dont il mourut, mais le Chevalier ne luisurvécut que de quelques heures. Ce dernier avoit été du Conseil, où lemassacre de la St. Barthelemi avoit été projetté, & il avoit été un des plusfurieux acteurs de cette sanglante tragédie (/). Le Roi donna le Gouver-nement de Provence, que le Chevalier avoit, au Duc d’Epernon ; & leposte de Grand Prieur à son neveu, le fils naturel de Charles IX.

(a) D'Auhigni T. III. L. I. Ch. 8. Da-niel p, 5yo. 5 9l .

, (&) De Tkou L. LXXXVI.

(c) Le même.,Journal de Henri III. p»

8r- Cay et T. I.

(d, D'Aubigné T. III L. I. Daniel.

(<? De Thou ubi fup. Mezeray l.c. p. 2£>4-(/ j Les mêtiles, Daniel T. XIIÍ. p- 1 > 2 •

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