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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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SacTiON

IX.

Derniersìiois de laMaison deValois.

Ambassadedes Princesd’Allema-gne.

Trêve'entreles deuxPartis,

158 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXILI.

Dans le tems que le Roi de Navarre s’étoit vu menacé de la guerre, ílavoit envoyé Pardaillan aux Princes Protestans d’Allemagne pour leur deman -der du secours, Avant que d’armer, ils envoyerent une Ambassade íblemnelieau Roi, pour le prier de donner la paix à ses sujets, & de leur accorderles privilèges que les Edits de Pacification leur avoient assurés. Le Roi re-tarda tant qu’il put de donner audience aux Ambassadeurs, & enfin aprèsles avoir écoutés, il leur répondit brusquement, que comme il ne se mêloitpoint de ce qu’ils fesoient dans leurs Etats, il ne savoit pas de quel droit ilsvouloient se mêler de ce qui se passoit dans les siens (a). II vouloit par làfaire plaisir à la Ligue.

Cependant le Roi, prévoyant bien les fâcheuses suites que cela auroit,se servit de sa mere , qui airnoit à négocier , pour traiter avec le Roide Navarre. Elle se fit accompagner du Duc de Nevers & du Maréchal deBiron, pour les consulter ; elle mena aussi avec elle plusieurs jeunes Beau-tés , mais qui ne lui rendirent pas autant de service, qu’elles avoient faiten d’autres tems (b). Elle n’avoit pas le pouvoir d’accorder la toléranceaux Réformés, & ceux-ci ne vouloient point entendre parler de paix fanscette condition, ensorte que les Conférences aboutirent à une trêve de deuxou trois mois ( c). Le Baron de Rosni, Ministre du Roi de Navarre é-tant venu en ce tems-là à la Cour, Henri III. lui dit, qu’il consentoit queson Maître prit vingt mille Suisses à fa solde, moyennant qu’il en pût fairepasser seize mille vers Paris, pour s’en servir contre la Ligue (d).

Le Maréchal de Montmorenci écoit toujours le maître en Languedoc, &à la tête des Politiques. Sa situation étoit peut-être la plus íìnguliere qu’onait jamais vu ; le Roi approuvoit fa conduite, quoiqu’elle eût l’air d’unerévolte. Le Roi de Navarre avoit beaucoup d’égards pour lui, parcequ’ilcomptoit fur son appui, en cas que le Roi vint à mourir; il se fesoit enmême tems bien payer par le Roi d’Espagne & par le Duc de Savoye. Onle considérois même beaucoup à Rome,parcequ’il appelloit les Protestans,Hérétiques, & qu’il traitoit ceux de la Ligue en rebelles (e).-

Au commencement de Tannée 1587, Marie Reine d’Ecosse eut la têtetranchée fur un échaffaut. La source de tous ses malheurs fut quelleétoit issue de la maison de Guise par sa mere. Le Roi envoya M. de Bel-lievre pour solliciter en sa faveur, comme il fit effectivement en public,mais Ton croit que la haine que le Roi avoit pour la Ligue, fut cause queni lui ni la Reine-Mere ne furent fâchés de la mort de cette Princesse;quelques Mémoires Tiníinuent, & peut-être donna-t-on à entendre àÈljzabeth, que c’étoit Tunique moyen d’être tranquille (/).

Conjuration Le Duc de Mayenne, fous prétexte du chagrin qu’il avoit eu, étoitc jsj!j le Roi toujours à Paris, où conjointement avec les Seize il ne négligeoit rienpour rendre le Roi odieux , & pour lui imputer tous les malheurs de laNation. II en vint même jusqu’à prendre des mesures avec eux, pours’assurer de la personne du Roi, & T envoyer prisonnier au Duc de. Guise.

Mort deMarie ci'Bcosse.1537 .

(^) De Thon I. c. Daniel T. XII. p. 594,(b) Mezeray, De Thou, Daniel p. 59g,Les mêmes.

00 Mem. deSulli T. I.L. II. p. m. 22k.(ej Daniel T. XIII. p, 4, 5.

(/) Cambial, Brantôme.