HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
*59
Mais le Roi découvrit le complot & le fit manquer; il ne crut pas cepen- Sectiondant qu’il fût de la prudence de le punir. Comme le Duc jugea à - propos ix.de se mettre en fureté , le Roi se contenta de lui dire, quand il vintprendre congé de lui; Quoi mon Cousin , abandonnez- vous ainsi les bons Maison deLigueurs de Paris (a) ? Valois.
L’Armée de la Ligue Protestante d’Allemagne, dont le Prince Casi- ---
mir avoir le nom de Général, s’assembloit en Alsace ; & quoiqu’on pré fssss;r ÎStende qu’elle n’étoit pas de plus de vingt mille hommes, elle ne laissa pas J ,^4 h'*,de jetter la terreur en France. Le Roi prit les meilleures mesures qu’il vafm desput pour prévenir les suites de cette invasion ; bien que les émissaires de Allemands.la Ligue publiassent que c’étoit lui qui avoit appellé les Allemands &qu’il s’entendoit avec eus ( b ). Le Duc de Guise, qui eut une entrevueavec lui à Meaux, lui déclara en face ces soupçons (k lui dit des insolen-ces, que le Roi écouta & souffrit avec Une grande patience (c). Ce Princese détermina à partager ses forces en trois corps; il donna le premier auDuc de Guise, le second au Duc de Montpensier, & se réserva le troisiè-me; ces trois Corps, étoient postés de façon, que le Duc de Guise devoitagir conjointement avec les Troupes du Duc de Lorraine ;Ie Duc de Mont-pensier devoit empêcher les Allemands de se rendre maîtres de quelquePlace forte ; & le Roi avec le Corps le plus nombreux se chargeoit de leurdisputer le passage de la Loire (d).
Quoique ce Prince fût lui - même cause des embarras où il setrouvoit,
& par cette raison moins digne de pitié, il faut avouer néanmoins quefa situation étoit cruelle. Si l’Armée Allemande passoit la Loire & se joi-gnoit au Roi de Navarre, il .appréhendoit de se trouver à la discrétiondes Huguenots ; d’autre part, s’ils étoient battus & ruinés, il n’avoit pasmoins à craindre de la Ligue. Dans une conjoncture si critique fa con-duite fit voir combien il étoit blâmable depuis qu’il étoit monté fur le trône.
U prit dans le Cabinet ses mesures avec prudence, agit en campagne aveccourage, ménagea tous les incidens avec dextérité, & se tira de tous cesembarras beaucoup mieux que ses Amis ne s’y attendoient.
Outre les trois corps dont nous venons de parler, le Roi en donna un Bataille deautre au Duc de Joyeuse, destiné contre le Roi de Navarre, afin de l’em- Ç out ™ S ?pêcher de joindre ses Alliés (e). Au commencement d’Août les Allemands Navarre'*passèrent le Rhin, & ravagèrent la Lorraine ; leur Armée étoit alors de rmmrte h»trente-cinq mille hommes, aiant été grossie par les Suisses, les Troupes Eà.Françoises, & parcelles du Duc de Bouillon. Le Duc de Joyeuse avoitUne Armée plus nombreuse que celle du Roi de Navarre, il étoit accom-pagné de quantité de Noblesse, qui s’imaginoit que rien ne pouvoit lui ré-lister, & qu’il n’y avoit pas de châtiment que ne méritassent ceux qui lesesoient. Le Duc marcha donc droit au Roi de Navarre, qui avoit aveclui le Prince de Condé & le Comte de boissons. Le 20. d’Octobre lesdeux Armées en vinrent aux mains à Coutras ; le Roi de Navarre rem-
W T ^u I. C. Daniel l. C. P. 19. LXXXVH.
(W yjEw. de la Lipue. id}' Mezeray í. C. P. Zo?.
W Daniel:. c. p. r;, £> 0 j] m L. , (*) Daniel ì c. p. 23, Ifc rV»»ubrlVyì.