i<5o HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section porta une victoire complette; le Duc de Joyeuse & quatre-cens Gentils*hommes demeurèrent fur la place, avec près de cinq mille hommes. CeRois dc*la f ut * a première victoire que les Réformés remporterent ; on en fie hon-Maìson de neur au seul Roi de Navarre,qui commanda en grand Capitaine, & com-Valois. battit en vaillant Soldat. Mais il ne profita pas de cette importante vic--toire; au lieu de s’avancer pour joindre ses Alliés, il sépara ses Trou-pes pour les faire agir en divers endroits, & alla en Béarn voir fa Maî-tresse , faute pour laquelle un célébré Historien ne trouve d’autre ex-cuse , sinon que ce fut la derniere de cet ordre qu’il fit Ça). Elle nelaissa pas d’être fatale à ses Alliés, qui après avoir eu deux actions avec leDuc de Guise, voiant que l’Armée du Roi leur barroit le passage, prêtè-rent l’oreille aux propositions qu’on leur fit. Au mois de Novembre, lesSuisses accepterent quatre-cens mille écus, & s’en retournèrent; & dans lemois de Décembre les Reistres firent un pareil Traité Çb). Les Seigneursde Paris exaltèrent les succès du Duc de Guise , tandis qu’on en étoitredevable aux sages précautions du Roi. Ils se servirent de cette occa-sion , pour obtenir d’une Assemblée sécrété des jeunes Docteurs de Sor-bonne la décision suivante, qu on pouvoit ôter le Gouvernement aux Princes ,qu on ne trouvoit pus tels qu il falloit , comme î'adminijlration au Tuteur qu onavoit poursujpeiï. Le Roi en aiant été informé , manda au Louvre la Fa-culté de Théologie , & lui fit sur cela une sévere réprimande, & la me-naça d’en faire faire justice par son Parlement; mais l’impunité leur inspiraplus de hardiesse, que la réprimande ne leur donna de honte Çc).
Conduite Nous voici parvenus à l’année, où l’on vit les troubles de France dansinsolente leur premiere crise. Le Duc de Bouillon mourut, & ne laissa qu’une seuledes Lu gj| e ^ Pons la tutelle du fameux M. de la Noue; la Maison de Lorraine jet-Tersle Roi u leS 7 ^ux fur ses Etats, & tant à cause du voisinage que de leur impor-I5 88. ' tance, elle résolut dé s’en emparer Çd). Cela donna lieu à une Assembléequi se tint à Nanci, où se trouva le Duc de Guise avec ses principauxPartisans ; on y délibéra fur cette entreprise, & sur les affaires de France.A l’égard de ces dernieres on dressa un insolent Mémoire, qui contenoitonze Articles ; on y prescrivoit au Roi à quelles conditions on lui en laisse-roit le titre. Prémierement, il devoit se déclarer plus ouvertement pourla Ligue. En second lieu, faire publier le Concile de Trente dans son Ro-• yaume. Troisiemement établir l’Inquisition dans les principales villes deFrance; consentir qu’on ne donneroit la vie à aucun prisonnier hérétique,à moins qu’il n’abjurât fa Religion ; éloigner tous ses amis ; qui seroientremplacés par des personnes en qui la Ligue put se confier. Les autresArticles étoient du même goût, ou pires encore Çe). Le Roi aiant reçucet écrit, ne put s’empêcher d’être ému en le lisant, mais s’étant contenu,il feignit de ne le pas trop désapprouver (/). Le Duc de Guise se rendità Soissons, Si de Jà il envoya ordre aux Seize de íè bien fournir d’armes
dans
(a) D'Aubigné T. III. L. I. Ch. 15,Yoy. Mein. de sulli L. III.
(-) Daniel p. 6 r
(c; Cayet Pref. T. I. Journal de Henri
III- P- 95, 96-
(d) Daniel p. 68, 69.
(e) D'Aubigné T. III. L. I. Ch. 18.
(f) Daniel I. c. p. 72. 1