HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 161
dans tous les quartiers, pour en venir à un soulèvement général. II fit Suctiowprendre les devans à quelques Seigneurs & à des Officiers, qui se logèrent Dí ^' rsen divers endroits pour être à portée de conduire la Bourgeoisie. Le Roiavoit un fidele serviteur, nommé Poulain, qui i’informoit de toutes les dé- Uaym demarches des Factieux, & des lieux où ils tenoienc leurs assemblées; il au Valois.
roi t pu faire enlever tout d’un coup tous les Chefs du Parti, & c’étoit son --
dessein,mais la Reine-Mere & Villequîer,dont la fidélité fut toujours fortsuspecte, sen dissuadèrent (a). II fit même une fausse démarche, car ilmanda le Président de Neuilli, qui étoit un des Chefs des Seize, le répri-manda fur ses pratiques séditieuses, & le menaça de le faire pendre & tousceux de fa faction, ce qui les rendit furieux (b). Le Roi crut pourvoirsuffisamment à sa fureté, en fesant défense au Duc de Guise de venir à Pa-ris. La Duchesse de Montpenlier, sœur du Duc, forma le projet de faireenlever le Roi, quand il iroit à Vincennes,& de le faire conduire à Sois-sons; ce complot auroit infailliblement réussi fans Poulain, qui en donnaavis au Roi quelques heures avant qu’il dût partir (c),
Le 9 de Mai le Duc de Guise vint à Paris, malgré la défense expresse Les Barri «du Roi, & pria la Reine - Mere de le présenter au Roi. Ce Prince codes.consentit à le voir, à sa premiere pensée fut de le faire poignarder dès-qu’il feroic entré au Louvre, mais Villequier le fit changer encore de ré-solution (d). Le Duc en allant au Louvre fut suivi d’une foule de peu-ple, &. on n’entendoit de tous côtés que Vive Guise, vive le Défenseurde T Eglise b de la Religion Catholique, le Sauveur de Paris! II sortit sainde sauf de f audience, mais il en vit assez pour sentir le risque qu’il avoitcouru (<?). Le lendemain le Roi ordonna par un Edit à tous les étrangersde sortir de Paris; mais voiant qu’il n etoit point obéi, il ordonna de faireencrer dans !a ville quatre mille Suisses & deux mille Fantassins François ;mais comme ils n’avoient point ordre de tirer, les Ecoliers de l’Universitébarricadèrent promptement les rues, le peuple prit les armes, les Suissesfurent en grande partie désarmés, & le Roi en quelque façon bloqué dansk Louvre (/). La Reine-Merc alla à l’Hotel de Guise, & le Duc Ta-enia longttms, en attendant qu’il fût plus exactement informé del’étatdes choses ; & dès qu’il eut des avis certains , il répondit nettementqu’il ne lui convtnoic point de sortir de Paris, & d'abandonner à la fa-utif des mauvais Conseillers du Roi les bons Catholiques de Paris. Celase passa le 12 de Mai, que ies François ont appelle la journée des barrica-des ( g ). Le lendemain la Reine alla encore trouver le Duc de Guise pour luiLire des propositions d’aceommodement ; elle l’entretint jufqu’à ce queSueiquun vint dire au Duc à Tortille que le Roi étoit parti; il dit alorsbrusquement à la Reine, Madame, vous ni amusez b vous me perdez (h),
Le Roi etoit sorti de Paris, non íàns peine & lans danger;on dit qu’aiant
(a) D t Thou L. XC. Daniel ubi íup.ÙO Daniel I. c. p. 73.
(c. Le même p. 76. De Thou 1 . c.{d) Daniel, p 77, 7g.
(.e) Le même, p. 79.
Tome XXXI.
(f) D’Jubigné 1. c. Cb. 19. Daniel Lc. p. 82.
(g) Daniel I c.
(k) Davila L. IX. Daniel p. L9.
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