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IX.
DerniersRois de laMaison deValois.
drcommo'dement en-tre le Rtì& les Gui-ses.
1(52 HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.
fait quelque chemin, il se tourna, & jura qu’ii ne rentrerait jamais quepair la brèche dans cette séditieuse ville. Dans le tems du plus grandtrouble, le Duc de Guise envoya un homme de qualité au Comte EdouardStraíFord Ambassadeur d’Angleterre, pour lui offrir une sauve garde. LeComte le reçut honnêtement, & lui dit que s’il étoit à Paris fans titre &comme lìmple particulier, il se tïendroit très-obligé de l'offre de M. deGuise & iroit l’en remercier, mais qu’en qualité d’Ambassadeur de la Rei-ne, il ne pouvoit recevoir dans la Capitale de France de fauve garde quede la part du Roi. 11 ajouta, qu’il rendrait compte à la Reine fa Maîtres-se de ce qu’il avoir vu, sans déguiser la vérité, ce qui lui à mérité à justetitre les éloges des Historiens François (a). Le Duc de Guise pour faireparade de son autorité rétablit d’abord la tranquillité dans Paris, & pour lamaintenir il démit ceux des Magistrats qui lui étaient suspects, se saisit dela Bastille, & disposa de tout comme il lui plut.
Le Roi se rendit à Chartres, après avoir couché à Trapes. II publia làun Manifeste pour informer les principales villes de son Royaume de cequi s’étoit passé à Paris ; le Duc de Guise en publia aussi un ; & plusieurs' villes & Provinces se déclarèrent les unes pour un Parti, les autres pourl’autre (b). La Reine - Mere suivit le Roi à Chartres avec les Députés dela ville de Paris, qui venaient lui demander pardon du passé. Cette dépu-tation fut suivie de celle du Parlement, que le Roi reçu t avec beaucoupde bonté, & il dit aux Députés à leur départ, qu’il pardonnoic sincère-ment aux Parisiens, mais que s’ils retombaient dans leur faute, il s’envengerait; qu’ils prissent bien garde de ne pas le contraindre de transpor-ter ailleurs les avantages dont ses prédécesseurs & lui les avaient comblés,& de les priver de fa présence, de la résidence des Cours, des Tribunaux& des Ecoles, bienfaits auxquels ils écoient redevables des richesses dontils avoient fl fort abusé (c). Le Parlement ne manqua pas de s’acquitterde fa commission avec tant de dignité & de courage, que cela lit unegrande impression fur les Parisiens; le Duc de Guise s’en appercevant,résolut de faire promptement la paix avec le Roi (d). Le Roi étoitallé à Rouen, où le Traité d’accommodement fut bientôt conclu ; ilconsistait en dix Articles, qui n’étoient pas fort différens des onze deNanci; le dernier contenait une Amnistie générale pour touc le passe(c). La formidable Flotte d’Espagne aiant paru à )a hauteur de I 3Bretagne, contribua beaucoup à déterminer le Roi, L’Ëdit de pacifi'cation fut publié au mois de Juillet, & les Etats furent convoqués àBlois pour le mois de Septembre (/). L’Edít fut appeilé l’Edit de Ré J'nion. II y a de l’apparence que le Roi avoit pris fa derniere résolu'tion, quoique quelques-uns croient qu’il se laissait déterminer par les est'constances, & n’emploioit que des expédiais; quoiqu’il en soit il fitgrafl'jaccueil aux Chefs de la Ligue, ne fit pas difficulté de déclarer le Cardin
(a) De Thm ubi sup. Daniel p. 86, 87.(S) Daniel p. 95.
(x) De Thon L XCI.
(dj Daniel 1 . c. p. 10J.
(s) Ca•jet T. L De Thou 1 . c. Daniel F105, 106.
(f) Les mêmes.