HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. r63
de Bourbon premier Prince du Sang , & donna au Duc de Guise le pou- Sectionvoir de Lieutenant «Général du Royaume pour le Militaire» & au titreprès tous les droits & toutes les prérogatives du Connétable (s). Ce R(lis ‘^ s hqui fit encore plus de plaisir aux Ligueurs, c’est qu’il ôta au Duc d’Eper Maison denon le Gouvernement de Normandie, pour le donner au Duc de Mont Vasoîs.
pensier, & le premier fut congédié de la Cour (L). De Rouen, le Roi--
' retourna à Chartres, & ne voulut point aller à Paris, quelques instancesqu’on lui fît. Le Duc de Guife vint le trouver à Chartres (c), & fut reçuavec tant de marques de faveur, que tout le monde fut persuadé de la sin-cérité de la réconciliation, surtout parceque le Roi ne parloit que de main-tenir la Religion Catholique & de convertir ou d exterminer les Huguenots.
La Reine-Mere fit beaucoup de carelTes au Duc de Guife, qu’on attribuaau désir qu’elle avoit de faire passer la couronne à son petit-fils le Marquisde Pont à Mousson. Quel 'qu’en fût le motif, le Duc en fut très - satis-fait, & elle lui donna tant & de si fortes preuves deconfiance, qu’il comptaentierement fur elle.
II est bien difficile de se faire une juste idée de 1 état de la France en ce Trl fl e àtems-là;la multitude des Gouverneurs & le peu d’obéissance fefoient, qu’ií d e e n ia J r s^n’y avoit dans la plus gráhde partie du Royaume nulle autorité légitime. Le ^ w e,r “*Roi lui-même étoit íi changeant & si irrésolu, tellement au pouvoir de laReine-Mere & de fes créatures, on fe servoit si cavalièrement de son nom& de son autorité, même à son infu, qu’on le fesoit agir, au moins enapparence, contre fes propres intérêts, & pour la perte de ses meilleursamis. Ce fut par quelque trait de ce genre, que la Reine Mere < 5 e Ville»roi, qui haïssoient le Duc d’Epernon , envoyerent un ordre du. Roi auMaire d'Angoulême , de chasser le Duc de cette ville, où il étoit entrépour son service. En conséquence de cet ordre, de quelque fa^on qu’ileût été obtenu, on entreprit d’assassiner le Duc , qui se sauva par son intré-pidité; il se défendit dans le Château avec fes seuls domestiques & quel-ques amis, & ils furent trente heures fans manger ,. avant que d’être se-courus {à). Le Duc de la Valette, frere- du Duc d’Epernon, volant letour que prenoient les affaires, fit une ligue offensive A défensive avecLesdiguieres, comme de Souverain à Souverain (e). Lé Maréchal deMontmorenci l’étoit effectivement dans son Gouvernement, il fesoit des le-vées d’argent & de Troupes, comme il le trouvoit bon; mais par le soin qu’ilprenoit de sadminiítration de la Justice, & par la magnificence avec laquelleìl vivoit de son propre bien, il maintenoit la tranquillité & le bon ordre (/).
Le Duc de Savoye, après avoir offert au Roi, au Duc de Guise & à M- déLesdiguieres son secours, moyennant qu’il eût le Marquisat de Saluces, feVoiant éconduit par tout,se rendit maître d’une partie de ce Marquisat, &cn particulier de Carmagnoles (§). II y avoit dans cette Place quatre-cens
C«) Dame! I. c. p. 109. (f) Hist. du Connétable Lesdiguieres L.
(6) Vie du Duç d’Enernon. III. Ch 4. p. 163. ie>< 5 .
C c) D' 4 ubipá T. J1I. L. II. Cb. 4 - (/) De Thou L. XCIL
p. iio. Daniel p. 117, Guiclienon.
00 Les rçêmes.