1(4 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Szctiow pìeces de Canon, & une infinité de munitions de guerre, qui auroiesttIX. suffi au Roi pour réduire ses sujets rebelles, si on ies avoir employés con*Deniers venablement. Paris étoit entierement à la dévotion da Duc de Guise, quiMa ; son de en confia le foin aux Seize, soutenus d’un nombre infini de fes amis, c’est-Va’ois. a-oire de ceux qui vouloient faire fortune à tout prix ; car en de pareilles
--circonstances, les gens qui n’ont rien à perdre font ceux qui ont la plus
belle occasion de s’avancer. Le Roi privé de fes amis, entouré de fesennemis, fans forces & fans alliés,avoir tout le loisir de considérer la ruinede son autorité, & de connoitre le fâcheux labyrinthe, où son indolence& son luxe l’avoient jette. La vue du danger lui fit prendre courage, cequi prouve qu’il ne manquoit nullement de talens.
Dis^aces Le premier de Septembre il arriva à Blois, & y fit une démarche à la-des prind- quelle on ne fe seroit jamais attendu; le Chancelier de Chiverni, Bellievrepr.ux Mi- surintendant des Finances, Brulart, Vi!leroi& Pinarc Secretaires d’Etat,dfia Reine- siui avoient eu jufqu’alors le manîment de toutes les affaires, eurent ordreMere. de quitter la Cour & de fe retirer chez eux (a). Les sceaux furent donnésà Montholon Avocat de Paris, zélé Catholique, & homme d’honneur,mais peu versé dans les affaires d’Etat. Dès ce moment, le Roi n’eut plusaucune confiance en la Reine-Mere. Le Roi avoir honte de tout ce qu’onlui avoir fait accorder, & il étoit vivement piqué des Lettres que le PapeSixte V. avoir écrites au Duc de Guise & au Cardinal de Bourbon, où ilcomparoir le premier aux Macchabées. Il étoit auíìi très-bien instruit duvéritable dessein de la Ligue, qui étoit de renfermer dans un Couvent, &de mettre le Duc de Guise ou quelque autre Prince de la Maison de Lor-raine fur le trône. II n’ignoroit pas que la Reine-Mere avoit part à cesprojets, qu’au moins elle en avoit connoissance, dans l’efpérance de gou-verner sous le nom de Henri de Lorraine son petit-fils. L’Assemblée desEtats fut très-nombréufe; le Clergé avoit cent-trente quatre députés, &dans ce nombre quatre Archevêques & vingt-un Evêques; qui choisirentpour Préfidens les Cardinaux de Bourbon & de Guise. La Noblesse avoitcent-quatrevingt Députés, qui eurent pour Préfidens le Comte de Brissac& le Baron de Magnac. Les Députés du Tiers-Etat étoient au nom-bre de quatrevingt-onze, qui choisirent pour présider la Chapelle Mar-teau, Prévôt des Marchands de Paris. Tous zélés Ligueurs, ce qui peutfane juger du caractère de cette Assemblée.
Ouverture Le Roi en fit fouverture le 16 d’Octobre par une harangue sage Ades Etats, grave 'qu’il prononça avec beaucoup de grâce & de majesté. 11 pro-testa qu’il n’y avoit personne en France qui eût plus de zele que lui pourle maintien de la Religion, Catholique , & qu’il étoit d’avis, qu’on fitune Loi fondamentale du Royaume, qu’aucun Prince rlérétique ne pour-roit monter far le trône. II ajouta, qu’il regardoic toutes Ligues , A sisudations & levées de Troupes, sous prétexte de religion comme iilegi- 'rimes, & qu’aucpn particulier ne pouvoir en faire lans le rendre coupablede Leze^ Majesté, qu’il vouloir bien fur cet article oublier le passe (-).Le Duc & le Cardinal de Guise changèrent de couleur, L ils obligerenc le
(a) De Thon ubi sup. Ca-jet T. I. ( b) De Thou ubi sup.