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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. l6$

Roi d’adoucir ces traits, avant que de faire imprimer fa harangue. II suc Ssctxo*aussi contraint de faire serment d observer J’Edit de réunion, & de ratifier ix. 'fa réconciliation avec le Duc de Guise, en communiant avec lui (a). Ii ^ s l n T sne laissa pas de s’appercevoir bientôt que fa fureté étoit incompatible avec £les vues du Duc, que celui-ci, ma gré les apparences, s entendoic avec le Valois.

Duc de Savoye, qu’il avoit tout crédit dans les Etats, qui vouloient ex---

clurre nommément le Roi de Navarre de la Couronne; il vit qu’ils avoientdessein de borner son autorité, & quelques-uns des Princes de la Maisonde Lorraine lui déclarèrent secrètement, qu’ils defapprouvoient la conduite& les vues du Duc de Guise. Ce qui i’irrita encore davantage fut un dis-cours insolent de la Duchesse Douairière de Montpenlier sœur du Duc deGuise, qu’on lui rapporta ; maniant des ciseaux d’or qu’eíle portoit à saceinture, elle avoit dit „ que le meilleur usage quelle en espéroit bientôt„ faire, étoit de s’en servir à couper les cheveux de l’indigne Prince qui„ occupoit le trône de France, afin qu’après qu’on l’auroìt renfermé dans„ un Monastère, un autre plus digne que lui de gouverner le Royaume„ fût mis en fa place, «St réparât le tort que la lâcheté de son prédécesseur„ auroit fait à la Religion & à l’Ëtat ( b ) ". Le Roi prit donc la résolutionde se défaire du Duc de façon ou d’autre.

Dans cette fâcheuse perplexité,, il fit venir ses amis dans son cabinet, & l* Roi con*on ne peut mieux dépeindre fa triste situation qu’en les nommant; il n’y certe avec'avoit que le Maréchal d’Aumont, Nicolas D’Angennes Sieur de Rambouií quelqueslet, «St Beauvais-Nangis; c’étoient-là les seuls en qui il pût fe confier dan‘^ rvíteMrífa détresse; il leur exposa tout ce qu’il avoit à craindre du Duc de Guise " f id f s lesses entreprises, & la nouvelle tentative qu’il fefoit actuellement, pour ftpot/l dé-faire donner la charge de Connétable, malgré lui, par les Etats (c). l| s /«>* <fa ‘lui demanderont un jour pour méditer fur une affaire de cette importance. Duc áeS’étant rendus au jour & à l’heure marquée avec Louis d'Angennes, freré G “^‘de Nicolas, à qui le Roi voulut que Je secret fût communiqué, le Maréchald’Aumont proposa de faire arrêter le Duc de Guise avec tous ceux defa famille, & que le Roi leur fît faire leur procès dans les formes"

Tous les autres jugèrent que cela étoit impossible, & le Roi lui-même.fut de cet avis: on résolut donc de se défaire du Duc. Le Roi voulutconfier l’exécution de ce dessein à Grillon, Maître de Camp du Régi-ment des Gardes ; ce Gentilhomme répondit librement à la propositionque l’oífice de Bourreau ne lui convenoit point, mais que s’il s'agis-soit de tuer le Duc de Guise dans un duel , il l’assuroit qu’il nese _ manqueroit point au péril de fa vie (d). Le Roi ne parutpoint offense de cette liberté; il s’adressa alors à Loignac premier Gentil-homme de fa chambre, qui accepta la commission fans balancer. Le Roiavoit auprès de lui quarante-cinq Gentilhommes Gascons , dont le Ducd’Epernon avoit formé depuis quelque tems une nouvelle Garde pour ceRince; on les appelîoít les quarante-cinq (r); côtoient tous des gens dé-

(a) Mizcray p, 32p.

XCíìl Dtmisl *’ Cl P* 136. De Thon L.

X

(c) De Tlwu I. c. Daniel p. 138.

(«L Mezeray p 330. Daniel, p. 141.(«) Daniel X. XIÍÍ. p. 141.