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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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S.'ÎCTION

IX.

DeniersRois de laMaison deValois.

Mort âuDuc deGuije.

i (56 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII,terminés, qui haïssoíent personnellement le Duc, parceque fous prétextede retrancher la dépense de la Maison du Roi, il travailloìt à les faire cas-ser. Le Roi en choisit neuf pour être les Ministres de fa vengeance. 0fut encore obligé de confier son secret à Ornano, Bonnivet, La Grange ,Montigni, & d’Entragues, auxquels il donna ses ordres. Larchanc un desCapitaines des Gardes alla trouver le Duc le soir du 22 de Décembre,pourl’avertir que le lendemain matin le Roi vouloir tenir Conseil & expédierbeaucoup d’affairesavant les fêtes; après quoi, il dit au Duc qu’il Je fup-plioit d’employer son autorité pour faire donner aux Gardes de fa Compa-gnie leur paye, parceque fans cela la plupart feroient obligés de fe retirer;fur ce que le Duc lui promit de faire ce qu’ii demandoìc, ii le supplia detrouver bon qu’il lui présentât un Pìacet lorsqu’il entreroit au Conseil (a).Tarit de mouvemens ne purent fe faire, fans donner quelque ombrage, &si le Duc de Guise n’évita pas le péril, ce ne fut pas faute d’en avoir étéaverti. Le jour qui précéda l’exécution, il trouva sous fa serviette un bil-let , par lequel on lui donnoit avis de prendre garde à lui, qu’on lui prépa-roit un mauvais tour. L’aiant lu, il prit son crayon & écrivit au bas, onn oserait t & le jetta sous la table (b). Cependant il ne lailToit pas de faire,quelques réflexions fur ce sujet mais il croioit s’être trop avancé pour recu-ler. D’ailleurs l’Archevêque de Lyon, qui efpéroit^d’obtenir le chapeaude Cardinal par ía recommendation, l’engagea à laisser le commandementdes deux Armées de la Ligue aux Ducs de Mayenne & de Ne vers, pourfaire fa charge de Grand-Maîcre de la Maison du Roi, avec toute l’auto-rité des anciens Maires, & par cette raison de ne pas quitter le Roi.

Le 23 de Décembre de grand matin, le Roi étant avec fes quatre amisdans son cabinet, ordonna à Loigriac de faire entrer les neuf Gardes ; il leurparla en peu de mots fur le service qu’il attendoit d’eux, & fit apporter au-tant de poignards qu ils étoient d’hotnmes, & leur dit en les leur mettantà la main ; „ C’eft ici une exécution de Justice que je vous commande de„ faire fur i’homme le plus criminel de .mon Royaume, & que les Loix„ divines & humaines me permettent de punir, & ne pouvant le faire„ par les voies ordinaires de la Justice, je vous autorise à ie faire par„ le droit que me donne ma puissance Royale”. II les plaça alors à ren-trée d’un cabinet, qui étoic à gauche en entrant dans fa chambre, & feretira dans un autre avec les quatre Seigneurs que nous avons nommés (c).Ceux qui étoient du Conseil fe trouvèrent de grand matin dans l’anticham-bre ; les Cardinaux de Vendôme & de Gondi, les Maréchaux d’Aumont& de Retz, les Sieurs Nicolas de Rambouillet óc d’O s’y rendirent lespremiers , & un peu après vinrent le Cardinal de Guise & f Archevê-que de Lyon. Le Duc de Guise arriva le dernier, & trouva Larchantavec la plupart de fes Gardes , pour lui présenter je Placet dont ij luiavoit parlé ; ils le suivirent jusqu’â la porte de l’antichambre, s’étantrangés des deux côtés,de l’eícaiier ; il entra dans l’antichambre, en laif-fsm fa fuite dehors. II sentit alors une efpece de foiblesse : un valet de

( a ) î,e même p. 142. De Thon l c. (§) Daniel p. 143. De Tlm 1 . C,

(b) Daniel p. I4'b • De Z 7 íok ubi íup.