Secïioîï
IX.
DerniersRois de laMaison deValois.
Plusieurs
Ligueurs
mêlés.
168 HISTOIRE DE FRANCE. Lrv. XXIII.
Cependant on arrêta dans le Château les Ducs d’EJhceuf & de Nemours,Anne*d’Est mere de ce Duc & du Duc de Guise, le Cardinal de Bour-bon & le Prince de Joinville, fils du Duc de Guise. François Du Pleíìisde Richelieu Grand-Prévôt de l’Hôtel étant sorti du Château avec sesArchers, se saisit du Président de Neuiíli, de !a Chapelle - Marteau, deCom pan, de Catteblanche, Députés de la ville de Paris, de Vincent leRoi Lieutenant-Général d’Amiens. Urbain de Laval Bois-Dauphin & leComte de Brissac, qui devinrent depuis Maréchaux de France, furent ausiìmis en arrêt dans leurs maisons. Péricard Lecretaire du Duc de Guise fut
saisi
dépêcher, c’ejl trop kngtems attendre , mais donnez Ji Ion ordre que vous ne soyez plus trom-pé, comme vous le fûtes aux barricades de Paris. Le Roi étant ainsi confirmé, au juge-Hient de l'Auteur; dans le dessein qu il avoit formé de se défaire du Duc de Guise, s’yprit d’une façon bien singulière. 11 affecta de donner plus que jamais dans la dévotion,& fit conlìruire au dessus de fa Chambre de petites cellules pour y mettre des Peres Ca-pucins, il parut de jour en jour plus indolent & moins appliqué aux affaires, lâchant deteins en tems qu’il vouloit se décharger du poids du Gouvernement fur la Reine-Mere& fur le Duc de Guise, pour s’occuper uniquement de la Religion. Cela fit l’effecqu’il fe propofoit, le Cardinal de Guise & l’Archevêque de Lyon le regardèrent commeun pauvre homme fans esprit, qui ne penloit qu’â se rendre propre pour un Monastère,oh ils avoient dessein de le confiner. Delà résultèrent deux choses. Le Roi se trouvalibre de prendre toutes ses mesures fans donner de soupçon, & cela les porta à des inso-lences fi ouvertes,qu’elles ne pouvoient que justifier !e coup auquel il se préparait. LesCellules dont nous avons parlé, au lieu d’être pour des Capucins étoient destinées'pourceux des quarante cinq, dont il avoit besoin dans cette conjoncture critique. II suivitson plan froidement & constamment jusqu’au bout. 11 fit faire un journal de ses occu-pations pendant la semaine, & le fit signer dans le Conseil le Samedi auparavant. LeLundi le Roi devoít faire telle & telle chose, le Mardi telle autre, & le Vendredi, jourde la mort da Duc de Guise, il devoir aller à Notre-Dame de Cleri, pour y faire sesdévotions. Cet étrange procédé dans un teins si critique étonna également la Factionqui cberchoit à le perdre, & ses amis, qui croyoient que le Roi avoit perdu l’esprít.Mais ce fut ce prétendu voyage qui lui fournit les moyens de faire les derniers prépara-tifs pour cette Tragédie, fans donner de soupçon. Le Jeudi le Duc de Guise poussaf insolence pius loin qu’il n’avoit jamais fait avec le Roi, il se plaignit de ses ombrages& de ses soupçons mal-fondés, & demanda absolument de se déarettie de la Lieutenan-ce-Générale, malgré tout ce que le Roi put faire pour rengager á la garder Le Ducsavoir que les choses étoient à leur crise, & pensoit qu’il n’y avoit plus qu’un pas àfaire, que quelques-uns disent qui étoic de se saisir de la personne de son Maître & dele mener à Paris pour en faire ce qu'ii jugeroit à-propos (i C’eíl au moins, à ce quel'on croît le complot dont le Roi fut instruit par la Reine-Mere. D’autre part Henriregarda la résolution du Duc de se démettre de la Lieutenance-Générale, comme untrait de mépris de son autorité, étant persuadé que son dessein éroit de recevoir ce mê-me poste ou la dignité de Connétable des Etats, comme dédaignant de le tenir de lafaveur, ou même du consentement du Roi ( 2 j. Ce suc ce qui fit qu‘t( persista dans larésolution de se défaire de lui; ce fut sous prétexte d’aller à Notre Dame de Cseri, quele Conseil sot indiqué de si bon matin, & ies préparatifs de ce voyage servirent à cou-vrir les uiouveinens, que l’exécution du noir dessein du Roi requéraient. Li nous tnci oyons la Relation de Miroir, la Reine-Mere fut le principal auteur de la mortdu Duc;cependant à en juger par la réunion de plusieurs circonstances, il y a beaucoup J’appa’rence que le Roi ne lui communiqua point les mesures qu’il prit, & qu’elle lut réelle-ment surprise de l’événemeiú.
(O n- Cendrt, ( 2 ) Mí«. de 1* Ligue,