HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 169
íâifi avec tous ses papiers (a). Le lendemain, Le Guast, Capitaine des, SectionG ardes, vint avec un Sergent & trois soldats prendre le Cardinal de Guise, lous prétexte que le Roi le demandoit ; il le conduisit jufqu’â une Ga j ioi de * ltllerie obscure, où les soldats le maíîacrerent à coups de hallebardes (b) H Maison dsétoit plus T iolent que son frere, & entre autres discours insolens qu’il a volt Valois,tenus, il avoit dit, que son plaijìr Jcroit de tenir la tête du Roi . quand le Bar ■bìer le raserait chez les Capucins (c) Les corps des deux freres furent brû-lés & les cendres jettées au vent, afin qu’il n’en restât ni relique ni mé-moire. Le Roi tâcha austì de se saisir des Ducs de Mercœur & de Ma-yenne , mais aiant été avertis à tems, ils s’échaperent, comme le Ducde Nemours fit ensuite A la premiere nouvelle de la mort du Duc de Gui-se les Parisiens furent fort consternés; mais auiïitôt qu’ils apprirent qu'Or-léans & d’autres villes s’étoìent déclarées pour la Ligue, ils reprirent cou-rage, se saisirent des pestes les plus importans de la ville, & renonçant àtout respect pour le Roi, ils l’appelloient publiquement Tiran, Apostat,Bourreau, Traître, & de tous les noms que la fureur la plus brutale peutsuggérer, ils brisèrent ses statues, déchirèrent les tableaux où il étoit re-présenté , arrachèrent son nom & ses armes par tout où ils se trouvoient (d).
La Reine-Mere, quoique malade , se fit porter chez le Cardinal deBour- Mort debon, qui d’abord qu’il la vit lui dit, Ah Madame ce font de vos tours , vousnous avez tous amenés à la boucherie. Elle lui répondit avec un de ces fer- I3 'g g<
mens, qui étoient alors fort à la mode, quelle n’avoit aucune part à ce quis’étoit fait (e). Cette conversation fit tant d’imprestìon sur elle, que l'oncroit qu’elle hâta sa mort qui arriva le 5 de Janvier 1589, dans la soixante-dixieme année de son âge (/) (*).
(a) De Thon I. c. Daniel ubi sup. p.
I48.
( b ) Les mêmes.
(c) Lettres du Roi au Marquis de Pisanidu 24 Decembre. Hiít. des Cardinaux T.
V. p. 614.
(*) Cette fameuse Reine Catherine, veuve de Henri II, & mere de François II. deCharles IX. & de Henri ÍII, Rois de France, étoit née à Florence le 13 d’Avril 1519(1). Quant à fa personne the étoit plutôt agréable, que belle surtout dans les der-niers tems de fa vie , étant devenue fort rcpiette. 1 out le monde convient qu’elleavoit de grandes qualités naturelles, perhctionnées par l’Sge & par Ptxercice ; unegrande capacité, beaucoup de pénétration, > esprit vif & le jugement profond ; ellekxcelloit surtout en tout ce qui convient dans les Cours; polie, affable & engageante,
Magnifique au plus haut pomt, fans regarder à la ‘épense, libérale jusqu’à la profuiion;e 'Ie avoit un air de majesté, une grande présence dVsprit, & étoit admirablement fertilee n expédieris, même au milieu des plus grands dangers. Mais elle avoit une ambitionlurée , qui ne resocétoit ni la Nature ni l’Humanité. Elle se croyoit née pourc °mm inder seule, & que i'obedlance étoit le partage de tous les autres. Elle formol tdes Partis, afin d ëtr la maitrcffe en les balançant, & elle faorifioit à cela toute religionà toute probité Quelqu fori elle flatoit les Réformés, & le plus souvent elle les per.fécutoit. Klie prit tantôt ie parti des Guises contre les Princes, tantôt celui des Princescontre la Maiton de Lorraine Non contente d être Mere des Rois, elle vouloir être
(O Memoiies pour PHistoire de Fiance T. I. p. 261,
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f?
Cayet T. I.
(e De Thou L. XCIV.
(f) Le même, Daniel p. 154. Mezeray& al.
Tome XXXI.