SectionIX. >DerniersR'/fs Je lu ■M tir,n. deValois..
Embarrasm Rqì,
r 7 o HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Le Roì se flata que les affaires prendraient un meilleur tour dans les E-tats, & dans cette vue, il conduisit les prisonniers au Château d’Amboiíe»où il en confia la garde à du Guast, le même qui avoit par son ordre faitmassacrer le Cardinal de Guise. 11 relacha le Comte de Brissac, & renvoyaà Paris'tous les Députés de cette ville, excepté Charles-Marteau , avecVincent le Roi, fur la promesse qu’ils lui firent d’appaiser le peuple ; il sectíiïtenta de les faire jurer qu’ils reviendroient s’iis ne réussissoient pasdans leur commission (a). Mais il vit bientôt que toutes les espérances
(a) De Thou I. c Daniel p. 160 & r< 5 p.
leur Maîtresse & leur Souveraine. Elle négligea l’éducarion de ses enfans dans' leur basâge, ct les laissa corrompre dans leur jeunesse, asin de pouvoir les gouverner toujours.Ce fut par là qu’elle te rendit insupportable à Charles IX & suspecte à Henri III Pourbien juger de son caractère, il n’y a qu’à examiner sa Cour & ses Favorites. Sa Courétojt composée d’hoinmes intrigans, dont l’habileté consistoit à inventer mille moyensde piller & de dépouiller le peuple, dissolus dans leurs mœurs , emportés & aveuglé-ment dévoués à ses volontés. Quant aux Dames qui avoient fa faveur, elles font assezconnues dans l’Hiíloire, qu’elles déshonorent. En un mot le siecle de Catherine deMedicis, car c’esl ainsi qu’on peut nommer un intervalle de plus de trente ans, où songénie & son exemple servirent de Loi en France, fut un assemblage de toutes sortesd'infamies. Beaucoup de superstition, plus d’Athéií'me encore, un entêtement extrava-gant. pour l’Astrologie , de la magnificence fans dignité, une Politique raffinée quisappoit l’Etat dans ses fondemens, une affectation du pouvoir absolu qui aboutit á uneentiere anarchie, un esprit de dissipation, qui laissoit rindusirie'sans espérance, & effa-çoit presque tout sentiment de probité. Après avoir passé une longue vie dans le luxe,elle mourut en apparence de la goûte , devenue mortelle par l'accablement de sonesprit, & par l’idée du mépris auquel elle alloit être exposée (k). Le Roi ne la quitta pointdans sa derniere maladie, & lui témoigna la tendresse qu’il avoit naturellement, ct quiauroit paru en d'autres occasions, si elle ne l’avoit étouffée (2) Elle nomma par sonTestament pour ses héritiers la Grande Duchesse de Toscane ct le Comte d’Auvergne,mais ils n’eurent pas grand chose de son héritage, car elle laissa pour huit-cens milleécus de dettes. Elie affecta de gouverner jusqu’au dernier moment, ct y parut pluspropre fur son lit de mort qu’elie ne l’avoit été durant fa vie; este dit au Roi son íiis,„ je vous laisse pour dernieres paroles, lesquelles je vous prie avoir en mémoire pour !e,, bien de votre Etat, que vous aimiez ies Princes de votre sang ct que vous les teniez,, toujours auprès de vous, & principalement le Roi de Navarre. Je les ai toujours,, trouvés fidèles à la Couronne, étant les seuls qui ont intérêt à la succession de votre,, Royaume, Souvenez-vous que si vous vouiez rench-e la paix, qui est si nécessaire à„ ja France , il faut que vous accordiez la liberté de conscience à vos sujets, niant obser-„ vé que les Allemands & plusieurs Princes Souverains de mon terris, n’ont jimaispu pn-„ ci fier avec les armes les troubles qu’ils ont eus en leur Pays pour la Religion '3)”. Sa mortne fut p as sitôt sue à Paris, que les Ligueurs dirent publiquement, que si on apportoit lecorps à Paris pour i’enterrer à St. Denis dans le tombeau qu’elle avoit fait faire pourelle & pour son mari, iìs le traineroient à h voirie ou le jetteroscnt dans la riviere 1»,parcequ’ils croyotent qu’elle avoit eu part à la mort du Duc ct du Cardinal de Guise,jour â Blois, este ne fut pas morte, qu’elle fut oubliée. Le Roi, contre fa coutumelit déposer son corps fans cérémonie, & ce ne fut que plus de vingt ans après qu’il futtransporté dans la Chapelle qu’eile avoit fait bâtir à Saint-Denis
fl! Di Thon t. XCÏV.
{:) l,e même.
Q ) Danitt T. XUI. p. Ij 3 .
f 4} Journal <!e Henri il J. p, m. 104, 105,Tin» ct ai,