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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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172 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section lance comme souveraine ; ils auroient même été prêts à lui donner le titreIX. de Roi, s’il n’avoit sagement modéré leur emportement (a). Rouen &Derniers une g ranc j e partie de la Normandie se déclara en faveur de la Ligue, Lyoní -/ e dl & Toulouse suivirent cet exemple, de même que toute la Bretagne, lesValois! villes de Bourges, d’Aix, d’Arles, & de Toulon. Le Maréchal de Ma--— tignon sauva Bourdeaux au Roi, & le Maréchal d’Aumont conserva An-gers, mais la Picardie & l’Auvergne embrassèrent la Ligue (b). L’Am-bassadeur d’Espagne alla à Paris, ce qui indiquoit assez quel parti son Maî-tre prerioit. Le Pape penchoit aussi pour la Ligue, qui avoit en la per-sonne du Cardinal Pellevé un Agent également actif & habile; le Roiavoit de son côté à Rome le Marquis de Pìsani qui le servoic bien. Danstoutes les Provinces on levoit des Troupes pour le Roi & pour la Li-gue ; la religion étoit le prétexte, mais l’intérêt & l’efprit de vengean-ce étoient les vrais motifs qui fesoient agir. Pendant tout ce tems-làon fefoit toujours la guerre aux Réformés , mais faiblement, parcequela Ligue n’étoit pas à portée de les attaquer , & que le Roi & la No-blesse qui étoit avec lui n’y étoient pas portés. II est vrai que pour sau-ver les apparences, ils íè déclaraient hautement en termes très-forts contreïHérésie & les Hérétiques, tandisqu’ils négocioient secrètement avec eux,parcequ’il étoit évident que sans leur secours le Roi étoit perdu, & la con-stitution de l’Etat renversée.

LeRoïs’ac • Le malheur des Princes est Ja pierre de touche du zele & de la fidélité.commode Henri III. se trouva à Blois abandonné de presque tous ceux qu’il avoit é-av % ie , RoÌ levés & comblés de bienfaits, décrié par le Clergé qu’il avoit protégé &*eNavarre, àcsté des Bigots, auxquels il avoit toujours fait la cour. Ce fut là unbonheur pour lui, parceque cela fit place à ceux qu’il auroit toujours dûavoir auprès de fa personne. A la réserve du vieux Cardinal de Bourbon.,' qui étoit en prison, & que la Ligue, digne d’un tel Roi, appelloit Char-les X. tous les Princes du Sang se rendirent auprès de lui, non pour. avoirdes dignités, mais pour sacrifier leurs vies & leurs biens pour son servi-ce. Le Cardinal de Lenoncour, le Maréchal Duc de Montmorenci, lesDucs d’Epernon & de Nevers & d’autres Seigneurs vinrent le trouveravec tout ce qu’ils purent rassembler de forces. Par leur conseil il se re-tira à Tours, & il donna le 4 de Mars un Edit par lequel il transférait leParlement de Paris & la Chambre des Comptes dans cette ville (c). II avoitnégocié avec le Duc de Mayenne, & par amour pour la paix, & pourmontrer son attachement constant à l’Eglise Romaine, il lui avoit offert& à ceux de la Maison de Lorraine le gouvernement du tiers du Royaume,mais ils espéraient si bien d’étre maîtres de toute la France,, qu’ils rejette-rent ses offres (d): Le Roi de Navarre au contraire publia une Décla-ration , par laquelle il offrait fa personne & ses I roupes au Roi, fanscondition. Diane d’Angoulême, fille naturelle de Henri II. ménagea laréconciliation des deux Rois, qui se consomma dans une entrevue qu’ils

Mtztray ! c. ?- 34 °. 344.(6) Les Auteurs cités.

(a) D< Thou I. c . Daniel p. i/Z, 174 r

(c) Les mêmes:

(rf; Hift de la vie du Duc d’Eperaoo T.I. p. 248, 24 S-