17+ HISTOIRE DE FRANCE. Lnr. XXIIÏ.
Ssctiok natif da village de Sorbonne dans le Senonois, jeune homme fans lettres,IX. à'an esprit foible, qui avoit sucé tout le venin des sermons fanatiques &Derniers séditieux qu’il entendoit tous les jours ; poussé d’ailleurs par des gens plusMaison de habiles qae lui, mais qui avoient peut-être le cœur plus mauvais, entrepritValois, de dissiper l’Armée Royale en assassinant le Roi. Pour faciliter son entre-
-prise, on lui fit obtenir sous de faux prétextes un passeport du Comte de
Brienne, & une fausse Lettre de créance fous le nom du premier Présidentde Ilarlai, qui étoic à la Bastille. II sortit de Paris le jour même que leRoi arriva à Saint Cloud; il rencontra en chemin M. de la Gueste, Pro-cureur-Général & son frere, qui alloient au quartier du Roi, & leur aiantdit qu’il avoit un avis important à donner au Roi, un de ces Messieurs leprit en croupe & le mena à Saint Cloud (a). Comme il étoit trop tardpour parler au Roi, Clément soupa avec les gens du Procureur - Généralfort gayement,& dormit si tranquillement qu’il fallut réveiller le lendemainmatin {b). M. de la Gueste le présenta au Roi ; Clément lui parla hardi-ment & lui présenta sa Lettre de créance; pendant que le Roi la lisoit,ce malheureux tira un couteau de sa manche, & salant enfoncé dans leventre du Roi l’y laissa ( c ). Ce Prince retira lui-même le couteau de laplaye,dont il donna à l'assassin un ou deux coups dans le visage. La Guestele frappa au visage & sur l’estornac avec la garde de son épée , & lerenversa ; deux des Gardes du Roi le massacrèrent imprudemment (d) (*).
(st) De TJtou 1. c. Observât, du P. Cris- (c) Daniel p. 22 5.set. sur le régné de Henri III, (d) Mezeray , Daniel & aï.
(b) Griffet 1. c.
(*) Nous avons rapporté dans le Texte le fait aussi clairement, que nous Pavons pufur l’autorité des meilleurs Historiens. M. de la Gueste a donné une Relation circon-stanciée de ce tragique événement depuis le moment qu’il rencontra Jaques Clémentjusqu’à la mort de ce Scélérat. Quelques -uns ont dit qu’il lui passa son épée au tra-vers du corps, mais il assure lui-même positivement le contraire; il dit, que l’assassinse tenoit ferme vis-à-vis du Roi, après que ce Prince Peut blessé au visage; & que luidans la crainte qu’il n’eût d’autres armes, le frappa au visage & sur l’estomac avec lagarde de son épée & le renversa dans la ruelle entre les deux lits qui étoient dans lachambre du Roi (i). En ce teins - là il n’y eut aucun doute que Jaques Clément ne fûtl’assassin. On publia à Paris une pompeuse Relation de son martyre, & son Ordre nerougit point de son action & de celui qui l’avoit commise, au contraire un de ses Con-frères publia une autre Relation, où il attribuoit son attentat à une révélation du Ciel(2), ce qui fut fatal au Prieur de son Convent, qui aiant été fait prisonnier environíix mois après, fut exécuté comme complice du crime, ou au moins comme Paiant en-couragé; il le nia néanmoins à la question, & à fa mort il protesta de son innocence,ct qu’il détestoit l’attentat commis. On lit dans la Lettre de M. la Gueste, qu- quel-qu’un dit pendant le souper à Jaques Clément, que le bruit couroit que les Religieux deson Ordre avoient formé une entreprise sur la vie du Roi, à quoi il répondit hardiment& sans changer de couleur, qu’il y en avoit partout de bons U de mauvais. On remar-qua aussi son couteau, qui étoit neuf, avec une longue lame & un manche noir; &quelqu’un aiant pris garde qu’il s’en fer volt fort bien à couper les morceaux, lui dit,vous oublieriez plutôt votre Bréviaire que votre couteau, à quoi ii répliqua, voilamost
(O Mem. pour servit à l’Histoire de Fiance mort de fíenri d.e Valois, advenue par permissio®T. R P; .294- , . divine à Sc. Clou, ayant asiicge ia ville de FS-
( 1 ) Diicouis veittable de l’cstrauge 6c subit? lis, ie Mardi premier d’Août 1 sSy,