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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 133

certainement se rendre maître de ia Place, en refusant de laisser passer uneinfinité de vieillards, de femmes & d’enfans que le Duc de Nemours avoitmis hors de la ville. Quelques-uns de ses Généraux & la Reine d’An-gleterre lui firent des reproches de cette compassion à contre tems (a) ;mais Henri IV. étoit un Prince qui se seroit expose' à tous les repro-ches du monde, plutôt qu’à ceux de son cœur. A la fin le Prince deParme, par obéissance aux ordres du Roi Catholique, & contre sonpropre sentiment, marcha au secours de Paris , & comme il étoit fanscontredit un des plus grands Capitaines de son tems, il ménagea li bienses mouvemens , que le Roi fut obligé de lever le siégé dans le temsque la Place étoit fur le point de tomber entre ses mains (b). II eutoutre cela d’autres mortifications ; le Duc de Savoye s’empara de Fre-jus & d'Amibes , & fut reçu en triomphe à Aix , où le Parlement ledéclara Gouverneur & Lieutenant-Général en Provence, fous la Couronnede France (c). Ce revers de fortune fit que quelques-uns quittèrent leparti du Roi & se jetterent parmi les Ligueurs , tandis que d’autres é-toient mécontens fur l’article de la Religion ; ce qu’il y avoit de plusfâcheux, c’est que le Roi manquoit d’argent, & quelquefois à un tel point,qu’il étoit obligé d’aller chercher à diner (d). Un autre malheur pour leRoi fut la mort du Pape Sixte V. dans le tems qu’il étoit prêt à rompreavec les Espagnols, &. de tenter de leur enlever le Royaume de Naples.11 eut pour Successeur Urbain VII, qui ne siegea que treize jours, auqueísuccéda Grégoire XIV, né sujet du Roi d’Espagne, <k l’ennemi le plus dé-claré que le Roi eut jamais. Avant la fin de Tannée, le Roi tenta de sur-prendre Paris; il y auroit réussi, si un Jésuite, un Avocat & un Libraire,qui étoient en sentinelle, n’avoient donné Tallarme à Ja vue du premier desassaillans qui parut au haut d’une échelle, qu’ils renversèrent dans le fossé;deforte que les Troupes du Roi furent obligées de se retirer (c).

Comme ce Prince avoit principalement en vue la prise de Paris, il ne sedécouragea point. Le 20 de Janvier 1591 il envoya plusieurs Chariotschargés de farine, conduits par soixante Capitaines, déguisés en Paysans,asm de se saisir de la porte de Saint-Honoré, ignorant que les Ligueursl’avoient fait terrasser par derriere; ensorte que ce projet, quoique parfai-tement bien conduit,échoua. Cette journée s’appella la Journée des farines (/).

Le Pape étant entierement à la dévotion des Espagnols, déclara Henrj,hérétique, relaps, persécuteur de TEglise, excommunié, privé de ses Ro-yaumes & de tousses Domaines, ordonnant à tous les Ecclésiastiques quisuivoient son parti de se séparer de lui sous peine d’excommunication, &d’être déclarés déchus de toutes leurs dignités & de leurs bénéfices ; il or-donnoit aussi par une autre Bulle à la Noblesse du parti du Roi de l’aban-donner. Ces deux Bulles causerent une grand fracas par toute la France (g ).Dans ces entrefaites, le Roi aíant reçu de la Reine d’Angleterre de i’ar-

(») Daniel p. ZZ6. (e) Orvet T. I, Davila L. XI.

G) De Thou. (f) Daniel I. c. p, Z/Z, Z/4.

(î) Bonché Híft. de Provence T. II- L.X. (g) Le même p.

(d) D’Aubìgné x. m. L. Li, L lu S-

Sectïoiî

X.

Histoire díHenri IV.

La Jour-née des fa-rines.1591.

Le Papedéclare leRoi héréti-que £? re-laps.