'HISTOIRE DE FRANCE. Ltv, XXIH. 185
Dans ces entrefaites, les Seize firent proceder par devant le Parlement Sjccno»contre un Parisien, pour avoir écrit un lettre à son oncle, qui étoic x.dans le Parti da Roi. Mais le Parlement n’aiant rien trouvé dans la jjénT'iv 4
lettre de criminel , l’accufé fat absous. Irrités de cet arrêt, Buffi,_ '
Louchart, le Normand & Anroux, les plus furieux de la Cabale, fe Violencessaisirent, le 15 de Novembre, d’abord du Président BriíTon, & ensuite qu’ils com-de Larcher & de Tardif deux Conseillers , & dès le même jour ces mettent &trois Magistrats furent condamnés à être pendus, & l’arrêt fut exécutédans la prison. Le Duc de Mayenne, aiant été instruit de cette vio-lence, vint à Paris avec un petit corps de Cavalerie. Dès qu’il fut ar-rivé il tint une Assemblée à l’Hotel de ville, fe contenta de blâmerî’emportement de ceux qui avoient eu part à ce désordre, & à sortir del’Assemblée çiena quelques-uns des Seize souper avec lui, le repas se passafort gayement. Cependant le Duc fit durant la nuit poser des corps 'degardes en divers endroits de la ville, & dès les quatre heures du matinfit enlever dans leurs maisons quatre des principaux Factieux , & les fitpendre dans la salle basse du Louvre (a). Buffi le Clerc obtint la vie, enrendant la Bastille; mais les soldats pillèrent l’argent & le butin qu’il avoitamassé. II fe sauva à Bruxelles où il vécut plusieurs années accablé demifere & d’infâraie (b).
Le Pape Grégoire XIV. mourut vers ce tems-là; c’étoit un événementfavorable pour le Roi , parceque ce Pontife donnoit tous les mois unsubside à la Ligue, & qu’il avoit envoyé un corps de Troupes pour la se-courir , mais qui fut de peu d’utilité. Innocent IX. qui lui succéda, n’eutpas le teins de rien faire, étant mort peu après. Le Duc de Savoye, quis’étoit emparé de Marseille, fut bien battu par la Valette (c). Le Roieut aussi le plaisir d’apprendre que son parti groffissoit tous les jours dansParis, & qu’il étoit au moins auffi fort que la Faction Espagnole, & quecelui du Duc de Mayenne ; qui le favorifoit plutôt que l’autre.
La nouvelle République des Provinces - Unies, envoya au commence- ( j e
ment de Tannée 1592 au Roi une Flotte de quarante-cinq vaisseaux avec Rouen levé.un secours de trois mille hommes , qui fut fort agréable à Henri (d), que iZyr.le siégé de Rouen commençoit à inquiéter. II avoit devant cette villeune plus nombreuse Armée, qu’il n’avoit encore eue, & qui, avec un se-cours d’un corps d’Angiois fous les ordres du Comte d’Essex, n’étoit gueresmoins que de quarante mille hommes. Mais la Place fut courageusementdéfendue par André de Brancas de Villars, un des plus vállans hommes deson teins, & qui suivant quelques-uns étoit le meilleur Capitaine de la Li-gue (e). L’Armée des Ducs de Parme & de Mayenne n’étoit gueres quede vingt-quatre mille hommes, & elle avoit une longue marche à fairePar un Pays, qui auroit embarrassé tout autre Général que le Duc de Par-me. Son Armée marchoit fort serrée, la Cavalerie dans le centre, l’In-fanterie fur les ailes, les uns & les autres couverts à droite & à gauche
(a) Daniel L c. p. Z96, Z97. Bouche Hist. de Provence T. II. L. X.
lD Eà - même. (d) De Tlmi L. CIL Daniel î. c. p. 433-
(c) Hat. de Lesdiguieres. L. V. Ch. 2. (e) D’slubigné , Mezeray.
Tome XXXI. A a