iz 6 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section de deux files de chariots , & T Artillerie à la queue. Le Duc de ParmeX. fit le voyage, comme s’il eut été question d’une partie de plaisir, fans ar-
Histoire de mes àns un petit chariot découvert, d’où il donnoit ses ordres fans s’émou*Henri Le Roi aiant de la peine à croire que les Ducs dussent arri-
ver sitôt, voulut s’instruire par lui-même de leur route, & s’avançaavec un gros corps de Cavalerie, laissant le foin du siégé au Maréchal deBiron. II prit les devans avec un fort petit corps, & alla jusqu’au delàd’Aumale, où il rencontra les ennemis, qu’il attaqua, mais bientôt il futobligé de se retirer à toute bride. On convient qu’il fit paroitre un grandfeu dans faction, beaucoup d’intrépidité au milieu du plus pressant dan-ger, ôc une extrême prudence dans fa retraite, aiant été blessé auxreins (/-). *On dit, que la prudence du Duc de Ne vers , qui prévit ledanger où le Roi s’exposoit & qui s’avança à la tête de quelques Troupespour favoriser sa retraite, l’empêcha d’ètre pris ou tué. Le Duc de Par-me loua fa retraite, mais dit en même tems qu’il avoit cru avoir affaire àun Général d'Armée, & non pas à un Capitaine de Chevaux-Légers. LesDucs prirent Neuchâtel, & dans f absence du Roi Villars fit une sortieavec tant de vigueur & de succès, qu’il n’avoit presque plus besoin de se-cours (§). Le Duc de Parme après avoir fait entrer du secours dans Rouenau commencement de Mars mit son Armée en quartiers de rafraîchissementau delà de la Somme, comme n’aiant plus de dessein. Mais le Roi aiant réta-bli tout devant Rouen, preíïa le siégé si vivement que Villars fit savoiraux Ducs, qu’il seroit contraint de capituler, s’il n’étoit sécouru en moinsde huit jours. Le Prince de Parme rassembla promptement ses Troupes,& parut le 20 d’Avril à la vue des quartiers de f Armée du Roi. Henriappréhendant de se trouver entre deux feux, leva le siégé, qui avoit durécinq inois (d). Le Prince de Parme proposa alors d’aller attaquer le Roidans son camp, mais le Duc de Mayenne, qui avoit toujours été battu,ne fut point de cet avis. Les Ligués assiégèrent donc Caudebec, où lePrince de Parme fut blessé au bras droit (c). La Place ne laissa pas d’êtreprise.
Belle rc. Dans ces entrefaites le Roi avoit tellement renforcé son Armée,qu’il■truite du f erra ] e Prince de Parme à son tour. Le Maréchal de Biron aiant enle-Parme ^ un ^ es fiuartiers des ennemis, le Baron de Biron son fils demandaarme. ^ m j|] e hommes tant de Cavalerie que d’ínfanterie, avec lesquels il assu-roit qu’il déferoit toute l’Armée, ennemie , son pere lui répondit;. „ je„ crois que vous le pourriez faire, mais alors la guerre seroit finie , & on„ nous envoyeroit planter des choux à Biron (/)”. Le Roi ne laissa pasde prendre si bien ses mesures, que le Prince de Parme fe trouva acculéentre l’Armée du Roi & la Seine, qui est fort large dans cet endroit. Danscette situation, le Prince de Parme fit construire, en un demi-jour, deuxForts vis-à-vis l’un de f autre fur les bords de la rivière, & aiant faitamener une grande quantité de bateaux , qu’il couvrit de poutres & de
f(n) Le Gendre T. I. p. 74 S• Elit. in-fol. (d') Cayet T. II. Davila L. XII.
(b) Daniel ubi sap. p. 4Z 9 - (e) De Thou I. c. Daniel p, 44;.
ifc T-houl c, Daniel l.c.p. 441,442. (J) Daniel p. 44;.