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HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.
Section quelque argent, & promit de les satisfaire dans peu de tems pour le reste
de ce qu'il leur uevoic. jus turent reconduits juiqu a la trontiere par le Vi>comte de Turenne, deveriu Duc de Bouillon par son mariage avec l’hérf
Histoire deHenri IV.
comte de Turenne, deveriu Duc de Bouillon par son mariage avec l’héri-tiere de la Maison de la Mark, qu’il avoit obtenue par la faveur du Roi,qui y trouvoit son intérêt (à). II lui importoit que Sedan & Bouillon fus-sent en des mains amies ; les fils des Ducs de Lorraine & de Ne vers avoientprétendu à la Princesse ; le premier étoit ennemi déclaré du Roi & sonCompétiteur, & il ne se fíoit pas trop à í’autre. Ce fut ce qui l'engageaà faire épouser cette héritière au Vicomte de Turenne, & peu après sonmariage, il le fit Maréchal de France (b).
Succès des Le Maréchal aiant conduit les Allemands, paya au Roi son bâton à sonarmes du re tour, en secourant Beaumont, que le grand Maréchal de Lorraine affîe-1 ou geoit. Sept-cens Lorrains demeurèrent fur la place,leur canon fut pris avecplusieurs drapeaux , & leur Général tué. Le Roi fit présent au Duc deBouillon de l’artillerie, excepté une piece qu’il réserva pour sc souvenir dece service (c). En Languedoc, le Duc de Joyeuse qui commandoit pourla Ligue , fut entierement démit par Themines ; deux mille hommes péri-rent, le bagage & vingt-deux Enseignes furent pris, avec cinq pieces decanon , & le Duc se noya au passage du Tarn (ci). Le Duc de Savoyefut battu par Lesdiguieres, qui passa les monts, & fit des courses jusqu’aûxportes de Turin (e). Le Duc d’Epernon, devenu Gouverneur de Pro-vence par la mort de son frere îa Valette,reprit Amibes & les Espagnolséchourent dans une entreprise sor Baionne (J).
Assemblée Les choses en étoient venues à une crise tant pour la Ligue que pourdes Etats à j e Roi. A l’égard de ce dernier, les Catholiques de son parti, lui donne*âj"- rent à entendre, que malgré la complaisance qu’ils avoient eue jusques-là3 ’ sor i’article de la Religion, en recevant les raisons qu’il donnoit, il étoitnécessaire qu’il s’expliquât nettement ; ce que le Roi prit fort bien ; & quoi-qu’il ne fit pas d’abord ce qu’ils souhaitoient, il les contenta en leur expli-quant avec candeur les motifs qui l’avoient rendu si indécis fur un point decette importance. D’autre part, le Duc de Parme, en appuiant les Ca-tholiques zélés, avoit forcé le Duc de Mayenne de se résoudre à une dé-marche qu’il avoit jusqu’alors soigneusement évitée, qui étoit de convoquerles Etats pour proceder à sélection d’un Roi. Les Espagnols souhaitoientque l’Assemblée Je tint à Boissons ou à Rheims, parceque ces villes étoientplus proches des Pays-Bas que Paris, & par conséquent plus commodes pourle Prince de Parme, qui devoir atlister aux Etats de la part du Roi son Maî-tre. Mais le Duc de Mayenne, qui avoit toujours évité d’en venir là,se volant contraint, tint bon quant au lieu, & voulut que l’Assemblée setint à Paris. N’ignorant pas que le Prince de Parme sous prétexte de sou-tenir les résolutions des Etats, viendroit avec une Armée, le Duc appré-hendait qu’il ne se rendit maître de Rheims ou de Boissons. II l’emporta
(a) Daniel} 1 . c. p. 4°o,(p) Le même p. 401.
(d) Daniel p. 47 2 > 473-
(e) Hitt de Lesdiguieres L, IV. Ch. 6.
( e ) fíaluze Hiu. de la Maison d’Auver- (/) Hiit. du Duc d’EpeinonT.I.L.IV.gne p. 7