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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. lSg

donc pour Paris, mais ii y a de l’apparence qu’il auroit eu bien de la peine Sectionà maintenir son autorité, si le Prince de Parme étoit entré pour la troisie- X-me fois en France; mais pendant qu’il assembloit ses Troupes à Arras la

mort vint mettre fin à ses travaux (a) , & aux inquiétudes du Duc de Ma* _

yenne qui, comme il le craignoit le plus, le haïíîoit auífi par conséquent.

Quelque embarrassante que fût la situation du Duc, & il est en effet diffi-cile d’en concevoir une qui le suc davantage, Mayenne étoit plus propre às’en démêler, qu’à combattre l’ennemi, bien qu’il ne manquât pas de cou-rage, mais fa circonspection qui lui étoit nuisible dans le dernier' cas, luiétoit favorable dans le premier. L'Edit qu’il publia pour la convocationdes Etats étoit daté du 5 de Janvier, & écrit avec décence & gravité, aulfibien qu’avec beaucoup d’art Óc de retenue, il y justisioit fa conduite, dé-fendoit le droit de Charles X. à la Couronne, reprochoit à Henri de Na-varre son opiniâtre attachement à l’Hérésie, mais d’une façon qui ne plutpoint aux Ligueurs, & qui ne déplut point au Roi. 11 fixoit le 17 dumois pour l’Aífemblée, invitant tous les Catholiques en général à s’y trou.ver pour prendre les mesures nécessaires au bien du Royaume (b). Le Lé-gat du Pape publia auíìi un écrit rempli de fiel & de passion où il don -noit le nom d'Etats Généraux à l’Assemblée convoquée à Paris , termeque le Duc avoit évité, & où il fefoit assez connoitre que le but étoit defaire élire un Roi (c).

L’ouverture des Etats se fit le 26 de Janvier, le Duc de Mayenne la fit Ce qui separ un discours, dans lequel il exposa le triste état du Royaume & la né- paffidawcessité d’avoir un Roi qui rétablit Tordre. La premìere séance se passa en les htats ‘cérémonies selon la coutume. Dans la seconde on en vint au fait. Le Lé-gat proposa , qu’avant toutes choses, les Membres des Etats s’obligeassentpar un serment solemnel à ne se réconcilier jamais avec le Roi de Navarre,quand même il embrasseroic la Religion Catholique ; il fut secondé de toutela Faction Espagnole (d). Le Duc de Mayenne rejetta hautement cetteproposition, & la plus grande partie de T Assemblée lui applaudit. L’Ar-chevêque de Lyon, battit adroitement le Légat de ses propres armes, endisant, que si Ton en venoit à ce serment, ce seroit lier les mains, au Pa-pe, & attenter fur son autorité (e). Avant la troisième séance, arriva unTrompette du Roi, chargé d’un paquet adressé à M. le Comte de BelinGouverneur de Paris, dans lequel étoit un Ecrit intitulé, Proposition desPrinces , Prélats , Officiers de la Couronne &c. par lequel ils demandoientune Conférence entre les Députés des deux Partis, en convenant d’un lieuentre Paris & Saint Denis. La Faction Espagnole vouloit supprimer cetEcrit. Le Duc de Mayenne le fit remettre aux Etats, mais suspendit ladélibération jusqu’au retour du voyage qu’il étoit obligé de faire, pour allerau devant du Duc de Feria, Ambassadeur du Roi d’Espagne.

Les deux Ducs se rencontrèrent à Soissons, & eurent dispute ensemble. Dispute duLe Duc de Feria vouloit qu’on abolit la Loi Salique, ik qu’en conséquen-

fsl) De Tlmt , Daniel. (d) Les mômes.

(&_) De Thon L. CV. Daniel 1. c. p. 501. (k) Les mêmes.

(cj Les mêmes.

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