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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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X.

ipo HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

ce on donnât la Couronne à l’Infante d’Espagne. Le Duc de Mayenne luirépondit que cela étoit impossible , & que jamais les Députés n’enten-Hilìnire & âroient à cette proposition ; d’autant plus que l’Armée d’Espagne com-

* dim _! mandée par le Comte de Mansfeld n’étoit que de cinq mille hommes , &

M'iyenne que les secours d’argent n’étoient pas à proportion plus considérables. Leavec le Duc Duc de Feria reprit, que quand l'Infante feroit déclarée Reine, le Roiiie Feria. d’Espagne employeroit tous ses trésors, & feroit marcher cinquante millehommes de pied & dix mille chevaux pour appuyer les droits de fa fille.Le Duc de Mayenne répliqua, qu’il s’agissoit du présent & non de l'ave-nir. Feria lui dit fierement, qu’il étoit mieux instruit de la disposition desEtats, & qu’on n’auroit pas besoin de son crédit pour faire reconnoitrèl'Infante. Mayenne lui répondit avec plus de hauteur encore, que s’il neconsentait à cette élection, toute la Terre n’étoit pas capable de la faireréussir, qu’il étoit en son pouvoir de tourner toute la France contre lesEspagnols, & que s’il l’entreprenoit,_ il les meuroit tous en huit jourshors du Royaume {a). Les autres Ministres d’Espagne firent bientôt chan-ger de ton au Duc de Feria, & ils trouvèrent moyen de le réconcilieravec le Duc de Mayenne. On offrit à ce dernier, s’il vouloit favorisersélection de l’Infante, le Duché de Bourgogne en Souveraineté, le Gou-vernement de Picardie sa vie durant, le titre & sautorité de Lieutenant-Général du Royaume sous la Reine, d’acquitter toutes ses dettes, & outrevingt-cinq mille écus qu’on lui remettroit incessamment, un billet de deux-cens mille autres, & des Lettres Patentes de Général des Troupes d’Espa-gne (b). Mayenne parut accepter ces offres, & après la prise de No yon,les deux Ducs allerent comme bons amis ensemble à Paris.

Les pr - ts On rendit au Duc de Feria tous les honneurs possibles quand il parut dansdes Espa. f Assemblée des Etats. Mais il s’apperçut bientôt qu’il n’y avoit pas autantgnois de crédit qu’il avoit cru, & que celui du Duc de Mayenne étoit plus grand,échouent d'p n’auroit pu se l’imaginer. II en eut une preuve convaincante par laEtats. eS résolution qu’on prit de consentir à la Conférence proposée par les Catho-lique du parti du Roi (c). Elle commença le 29 d’Avril à Surêne; l’Ar-chevêque de Bourges étoit à la tête des Commissaires du Roi, & l’Arche*véque de Lyon étoit le Chef de ceux de la Ligue ( d ). Durant les Confé-rences, le Roi crut être en droit de faire le siégé de Dreux (e), En atten-dant le Duc de Feria n’étoit pas oisif à Paris. 11 remarqua que la Factiondes Seize étoit fort piquée des Conférences, & de l’espérance qu’on don-noit de la conversion prochaine du Roi. II en conclut que ceux de ce partiétoient aveuglément dévoués à la Cour d’Espagne, ensorte qu’il proposaouvertement aux Etats de déclarer 1 Infante Reine de France, & l’Archi-duc Ernest qu’eile devoit épouser Roi (/). Cette proposition révolta mêmeles plus ardens des Seize, & ils déclarèrent formellement, qu’ils ne pour-roient jamais se résoudre à prendre deux Souverains étrangers. Le Ducde Feria proposa alors,que l’Infante prit un époux parmi les Princes Fran-

(a) Davila L. XII.

(b) De Thou, Daniel l. c. p. 512.

(c) Les mêmes.

(á) I.es mêmes.

(e) Davila ubi sup.

t/; De Thou L. C VI. Daniel \. c. p. 535.