HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. lpi
çois, comprenant fous ce nom ceux de la Maison de Lorraine, mais que Sectionce fût le Roi d’Espagne qui le choisit. Cela donna lieu à des débats & à „ x ;des délais, & en même tems les Espagnols reçurent un coup du côté où ils fi*
ne l’attendoient point; le Parlement, par un Arrêt du 28 de Juin, se dé-- 1
Clara contre tout Traité pour transférer la Couronne en la main de Princesou de Princesses étrangers, comme étant contraire à la Loi Salique, &aux Loix fondamentales du Royaume. Le Duc de Mayenne affecta d’êtremécontent du Président le Maître; on ne laissa pas de croire généralementqu’il avoit été moins surpris de cet arrêt, qu’il ne le prétendoit («). LeDuc de Feria proposa alors de déclarer l’ínfante Reine, & qu’elle épouse -roit le Duc de Guise (b). S’il avoit fait cette proposition d’abord, il n’estpas impossible qu’il n’eût réussi ; le Duc de Mayenne fit des difficultés furles pouvoirs des Ministres Espagnols à cet égard, & le Duc de Guise, quiprévoyoit que sa fortune étoit perdue pour jamais, s’il fesoit paroitre dugoût pour cette ouverture, & qu’elle ne réussit point, se comporta avecbeaucoup de froideur & de prudence.
Pendant toutes ces discussions à Paris, le Roi prit son parti, entendit Conversionla Messe le 25 de Juillet à Saint-Denis, reçut l’absolution de l’Archevê- b°nbJoiu-_que de Bourges ( c ), & en conséquence on publia une trêve de trois mois, qui Um au oudevoir commencer le premier d’Août. Cela causa un extrême chagrinaux Ligueurs déterminés, & quelques-uns de leurs Prédicateurs furieuxdirent en chaire, qu’on ne devoir ajouter aucune foi à la conversion duRoi, quand même un Ange du ciel l’atcesteroit.
Les plus furieux Ligueurs , qui se trou voient dans une situation aussi Attentatfâcheuse, que lorsque Henri III. parut devant Paris, jugèrent qu’il falloit contre s*avoir recours à leur grand expédient , dont les maximes débitées en àchaire assuraient le succès. Ces discours de gens, qu’il croyoit des hom-mes de Dieu, inspirèrent à Pierre Barrière, Batelier de la Loire , quiavoit été soldat dans les Troupes de là Ligue, le dessein d’attenter à la viedu Roi. II s’ouyrit de son dessein à plusieurs Ecclésiastiques qui le confir-mèrent dans fa résolution, entre autres à un de Paris. Le dernier qu’ilconsulta à Lyon fut un Dominiquain Florentin , qui s’appelloit SéraphinBianchi; cet honnête homme le remit au lendemain pour recevoir fa ré-ponse. Le Dominiquain pria le Sieur Brancaleon, Gentilhomme domesti-que de la Reine Douairière, de se trouver chez lui, & de bien envisa-ger l’homme qui s’y rendrait à l’heure qu’il lui marqua. Ce Gentilhom-me ne manqua pas au rendez-vous & il observa Barrière à loisir; quandce scélérat se fut retiré. Bianchi dit à Brancaleon dequoi il s’agissoit ,
A le conjura d’aller trouver promptement le Roi pour l’avertir du périlqu’il courait (d). Le peu de fureté qu’il y avoit dans les chemins empêchaorancaleon de se rendre à la Cour avant Barrière, dont il avoit cependantenvoyé le portrait au Roi. Ce Prince savoir rencontré fur un chemin, &niant été obligé de mettre pied à terre, lui avoit donné son cheval à tenirâe prenant pour un Paysan. Brancaleon salant reconnu à Melun, il fut a»
'■(fi) Mezeray, le Gendre,isij DamU I. c. p. 53^
(<) Te même, Mezeray & aï.
Matthieu iíut, Ue iittim IV- L. D