HISTOIRE DE FRANCE. Lrv. XXIII. , 193
fait est que le Duc ne vouloir pas se désaisir de l’autorité, & qu il cher- Sectionchoir tous les moyens possibles d’en demeurer en possession. _ ( x : ,
II étoit jaloux du Duc de Nemours, son frere utérin, qui avoir aspiré
à la main del'Infante, & qui ne se cachoìc gueres du dessein de se faire_*
une Souveraineté de son Gouvernement du Lyonnois & des Provinces voi- jifaitar-sines. Dans cette vue, il vouloir faire bâtir deux citadelles à Lyon, ràerltDucpour se rendre maître absolu dans cette ville. Le Duc, de Mayenne ílc Ne ‘résolut de prévenir les ambitieux projets de ce Prince, & aussitôt qu’ii ,nwírí ‘eut conclu la trêve avec le Roi, il envoya le fameux Pierre d’EfpinacArchevêque de Lyon dans son Diocèse. Ce Prélat sut fi bien gagnerle peuple, que les Lyonnois firent des barricades fur le modele de celle deParis, arrêtèrent le Duc de Nemours d'abord dans son Hôtel, <Sc de là ilfut conduit & renfermé au Château de Pierre - Encise (a). Le Duc deMayenne étoit plus excusable à cet égard, qu’en traitant avec l'Espagnedu mariage de son fils avec l’ínfante, promettant de rassembler alors lesEtats, qui étoient tacitement séparés & de faire proceder d’abord à sélec-tion d un Roi (b). Le Roi, qui étoit bien informé de cette intrigue, &de la conduite des Agens du Duc à la Cour de Rome, en parla si forte-ment à M. de Villeroi, que ce Ministre pour lui prouver .la droiture deses intentions, prit congé du Duc de Mayenne peu après 8c se retira avectoute sa famille à Pontoise dont son fils étoit Gouverneur (c). Villeroipassoit alors pour une des meilleures têtes de France.
Depuis cinq mois que le Roi alloit publiquement à la Méfié, nulle ville Meaux ficonsidérable ne s’étoit déclarée pour lui, cela étoit d’autant plus extraor-/ í ’“?” ft atídinaire, qu'on avoit vu les gens de qualité venir de tous côtés lui rendre Rr "leurs respects, & que parmi ceux de la Ligue, on l’appelloit le Roi toutcourt, fans ajouter le titre de Navarre (d). Mais trois raisons contri-buoient à cette inaction. Les uns vouloient faire leurs conditions , 8cvendre leur soumission aussi cherement qu'il leur seroit possible; plusieursattendoient que le Pape prononçât fur la validité de l’absolution du Roi ;
& un grand nombre espéroient que le Duc de Mayenne mettroit bientôtfin aux troubles par une paix générale (e). II arriva enfin un événementqui tira les François de leur léthargie. Louis de f Hôpital Marquis de Vi-tri avoit été le seul homme de qualité, qui à sexemple du Duc d’EpernonAVoit après la mort du feu Roi quitté le Camp Royal ; mais il avoit faitplus que le Duc, s’étant dévoué au service de la Ligue, qui l’avoit faitGouverneur de.Meaux. II avoit souvent sollicité le Duc de Mayenne defaire sa paix avec le Roi, puisque le sujet de la guerre avoit cessé par la-c onverlìon de ce Prince ; quand il vit que ses efforts étoient inutiles, ilr ésolut de suivre les mouvemens de fa conscience. Le 24 de Decembre ilfit sortir toute la garnison dc la ville, & assembler les Magistrats, leur re-^it les clés des portes L leur dit; que l’honneur l’empêchoit de livrer laville que la Ligue lui avoit confiée au Roi, mais qu’il alloit reconnoitre ce
(a) De Thou 1. c. Daniel p- 5 6(5.(h) Cayst , Davila L. XIV.
(c; Daniel?- zSz.
Tome XXXL
00 Mem. Je la Ligue , Davila 1. c.(0 De Thou L. CVÍII.
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