Buch 
31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
Seite
195
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXÍÏI. xq SJe Pape ne reconnoiíToit point. Dans une des audiences qu’ìl eut, il se Sjscrtba

jetta aux pieds du Pape, & le conjura avec larmes d’avoir pitié des x.

malheurs de la France, mais inutilement; le Pape fut ému dit l’Histo

•rien (a), mais non fléchi. Le Duc de Nevers, en changeant de lan_-i

gage fit plus d’impreffion. II représenta à Clement qu’il avait été

trompé par les Espagnols & par son Légat; que le Parti de la Ligues’affoiblissoit; que les Espagnols n’étoient pas en état de le soutenir; queHenri étoit déja maître des deux tiers du Royaume, & que la plus grandepartie de la Noblesse s’étant déclarée pour lui, il ferait assurément bientôten possession du reste, C’étoit-là le grand point. Le Pape commença àvoir que la conversion du Roi étoit fincere ; & bien qu’il ne changeâtpoint encore de maniérés, il donna à entendre au Duc, qu’il ne devoitpas y prendre garde; que quoiqu’il le traitât comme un chien , & sonMaître comme un Hérétique relaps excommunié, ils pouvoìent espéreravec le tems, c’est-à-dire à mesure que les affaires du Roi prendroient deplus en plus un tour favorable, un traitement plus doux. Le Pape étoitsemble -1 - il, pieusement disposé à abandonner les François rebelles, auíïi-tôt qu’il seroit bien décidé qu’ils étoient incapables de se soutenir eux-mêmes.

Au commencement de Tannée 1594, le Roi alla'à Meaux, où il fit en Phijìsutsfaveur des habitans tout ce qu’ils pouvoient espérer ; il confirma tous les grandjsVH-Magistrats dans leurs charges; exempta le peuple de tout tribut pour neui ^L/?^'ans ; & non seulement il rendit le Gouvernement de la ville à Vitri, mais Xtìces se‘en donna la survivance à son fils; & pour marquer aux habitans fa confian -soumettentce, il ne laissa pour toute garnison que la feule compagnie de gendarmes au Roidu Gouverneur (b). Le Marquis de Vitri publia un Manifeste adressé à 1594 "la Noblesse de France, pour justifier fa conduite , & les Bourgeois deMeaux en publièrent un de la même teneur qu’ils adresserent à la villede Paris (c). La Garnison de Saint Denis attaqua Charenton & en chas-sa les Ligués & le Roi prit la Ferté-Milon (d) , enforte que Paris setrouva encore en quelque façon bloqué, tandis que les habitans de cetteville étoient tous les jours allarmés par de fâcheuses nouvelles. Les Lyon-nqis aiant eu avis, que les Espagnols avaient dessein d’envoyer des Trou-pes pour s’assurer de leur ville, résolurent de s’en assurer eux-mêmes,ils mandèrent le Colonel Alphonse Ornano pour les soutenir, prirent lesarmes & se déclarèrent pour le Roi (e), au grand chagrin de T Archevê-que; non que le changement lui déplut, mais parcequ’il n’en avoir pas1 honneur, & qu’il perdoit le profit qu’il en auroit espéré, qui étoit d’ob-îeifir avec le tems, par le moyen du Roi, le Chapeau rouge, auquel il as-Piroit ardemment, ce qui avoit beaucoup contribué aux troubles. Le Sieurde la Châtre , qui avoit les Gouvernemens de TOrléanois à du Berri,jugea auíìì qu’il étoit tems de faire fa paix, & aiant expliqué ses senti-ons aux Magistrats d’Oriéans, ils concoururent avec lui (/), enforte

00 Le même, p. 561, <562.

C b ) Di Thm L. CV1II. Cayet T. II.O) -L* 4 lhou } Daniel p. 58S»

Bb L

(£) Le même, p. 593.

(e) Mem. du Duc de Nevexs T. II.

(f) Lts mêmes. Cayet 1 . c.