208 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section erinoient d’ autant plus le Roi, que les zélés Catholiques en témoignoient
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Henri IV.
Surprised’jdmienspar lesEspagnols ,
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Rosni en-courage le
Roi.
X. une maligne joie , & que les Ducs de Savoye & de Mercœur deman-llifloireje àcnt des conditions plus avantageuses qu’auparavant & paroissoientmoins portés à la paix que jamais.
Les choses en étoient là lorsqu’un événement imprévu consterna le Roi& toute la France (a), Don Ferdinand Tello Portocarrero, Gouverneurde Dourlens, forma le projet de surprendre Amiens. Le Roi qui savoirque cette Place e'toit exposée , avoir eu dessein d’y envoyer quelquesCompagnies Suisses, mais les Bourgeois s’y étoient opposés, & de peur deles mécontenter le Roi n’avoit pas voulu les contraindre à recevoir cettegarnison. Portocarrero , pour mieux prendre ses mesures y étoit venuplusieurs fois déguisé, tantôt d’une maniéré, tantôt de l’autre. A la fin ilexécuta son dessein, & se rendit maître de la Place, le 11 de Mars, fansgrande effusion de sang ( b ).
La nouvelle de ce malheur, toucha plus le Roi, que tout ce qui lui étoitjamais arrivé. II envoya quérir le Baron de Rosni & se plaignit vive-ment à lui qu’il étoit environné de difficultés Sc de dangers , & qu’il n’a-voit nuls moyens de se défendre ; que les Huguenots étoient fur le pointde se révolter d’un côté, Sc que de l’autre les Espagnols le poussaient vi-vement ; que le petit nombre de Troupes qu’il avoit ne méritoit gueres lenom d’Armée, & que la disette d’argent, quoique très-grande, ne l’étoitpas tant, que le manque de ressources & de crédit. Rosni le consola, & luipromit un projet qui le dreroit de peine. Au bout de quelques heures ilrevint avec un Mémoire, qui releva le courage du Roi ; ce Prince le copiade fa propre main, & résolut de s’en faire honneur, non pour diminuerle prix du service que le Baron lui rendoit, mais pour y donner plus depoids. L’affaire réussit; il leva par prêt volontaire trois-cens mille écus,engageant fa parole Royale de les rembourser avec f intérêt dans deux ans ;i! augmenta la Gabelle , & tira des Financiers deux millions & demi deLivres, pour se mettre à couvert de toutes recherches. Pour prévenir àl’avenir les malversations il confia l’administration des Finances au Baronde Rosni (c). II se trouva à la faveur de ces mesures en état d’assie-ger Amiens.
Pendant qu’on fesoit les préparatifs nécessaires pour cetre entreprise, leoù se trouve Roi sut obligé de venir à Paris, par les fâcheux restes d’une maladie quele Roi, p eS ex cès lui avoient causée ; il passa trois semaines dans fa chambre forttristement. Quelques-uns de ceux qui étoient auprès de lui, & qui n’é-toient pas d’huraeur à lui cacher la vérité, lui firent connoitre le véritableétat de ses affaires, qui n’avoit jamais été G mauvais. La prise d’Amiensavoit refroidi cet empressement qu’on avoit auparavant à demander grâce,& à expier fes fautes en donnant du secours. L’étoit un soufle qui rani-moit les débris de la Ligue mourante ; Sc le Duc de Mercœur, qui avoitpersisté dans fa révolte, fur l’espérance de quelque changement de cette
nature,
Embarras
fa) De Thon L. CXVIII. IV. Cb. 17.
\b) Cap T. 111. D’Jubìgnê T. III. L. CO Mein. de Suìli L. IX,