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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE, Liv. XXIII. 20 <,

nature, recevoic à bras ouverts ceux qui fe retiroient en Bretagne, & en- Sectioncourageoit tous ceux qui pouvoienc faire révolter de petits Châteaux ou x.des villages dans son voisinage. Le Duc de Savoye fesoit la guerre fort H ^®j re I *vivement, & il auroit certainement fait bien du mal à la France, si Les- 1 *

diguieres, fans aucun secours, n’avoit fait avorter ses desseins. Le Ducde Florence, qui avoit été un des premiers à reconnoitre le Roi, le crutalors si mal dans ses affaires, que, fans chercher de prétexte, il s’emparade l’iíle & du Château d’If, qui commande en quelque façon le Port deMarseille (a). Mais ce qui chagrinoit le plus le Roi, c’étoit que les Ducsde Montpensier, de Bouillon & de la Trimouille fesoient tous leurs ef-forts pour former un tiers Parti sous le nom de Bons François , sous laprotection de la Reine d’Angleterre (b) & en conséquence de cet étran-ge projet, les Huguenots refusoient de lui envoyer des Troupes, sousprétexte qu’ils apprehendoient une nouvelle Saint Barthelemi de Campa-gne; dont le Roi abhorroit la feule idée. Dans cette perplexité le Roi eutrecours au Parlement d’une façon bien différente de celle qu'il avoit em-ployée pour faire enregistrer l’Edit en faveur du Duc de Mayenne. IIfut plus heureux que son prédécesseur ; ses disgrâces touchèrent ; ses an-ciens amis s’atrachererit plus fortement à lui, óc les nouveaux firent desefforts auxquels il ne s’attendoit point, & qui juslifioient fa conduite àleur égard.

Le Baron de Rofni écrivit fortement aux Huguenots fur leur procédé, Siégé <tA-& leur représenta la folie qu’il y avoit à former un Parti contre un Prince, miens, e?qui étoit porté à faire pour eux tout ce qu’ils pouvoient raisonnable- iieceí *ment demander. Lesdiguieres, fur lequel ils comptoient beaucoup, leur te 1 ace ‘fit savoir, non seulement qu’il desapprouvoit leur conduite, mais que s’ilscontinuoient, il tourneroit fes armes contre eux. A la fin le crédit deRofni, les menaces de Lesdiguieres, & la condescendance du Roi quileur accorda tout ce qu’ils demandoient, firent qu’ils se tranquillisèrent,

& le Tiers Parti s’evanouit. Le Duc de Mayenne fe donna beaucoupde mouvement ; il dit à fes anciens amis, que Tunique moyen de prouverqu’ils avoient agi ci - devant par principe, étoit de n’épargner ni leur per-sonnes ni leurs bourses pour le service du Roi, la Reine d’Angleterre en-voya quatre mille hommes de pied, & quand le Roi fe rendit en per-sonne au siégé d’Amiens, il grossit bientôt son Armée jufqu’à trente millehommes (c). Mais pendant qu’il avoit pris fes mesures, les Espagnolsavoient fortifié Amiens, où il y avoit une nombreuse garnison , comman-dée par Portocarrero ; ce Gouverneur fesoit de fréquentes sorties,- heureu-sement pour les François il fut tué d’une mousquetade (d). Les assiégésélurent alors pour Gouverneur Don Jerome Garasse , Marquis de Monta-negre, homme d’un grand sang froid, mais intrépide. 11 suivit le plande son prédécesseur, fit des retranchemens dans la ville, & donna le temsà T Archiduc de marcher à son secours avec une Armée de vingt-cinq millehommes, de vieilles Troupes, & les meilleures qui fussent au service d’E-

(a) Mezeray T. VI. p. 171.

(b) Le même, P. 170.

Tome XXXI.

(c) Mezeray 1 . c. p. 173.

(d) Daniel 1 . c, p. 220. Mezeray p- * 75 »

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