HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 2II
cœur entretenoit commerce en Flandres avec l’Archiducfurent par ar-S ectionréc du Parlement rompus vifs dans la place de Greve. Mais le Roi fit x.grâce à un Chartreux, nomme' Pierre Ouin, Breton de naissance, que les
Espagnols avoient engage' à gagner quelqu’un pour tuer le Roi : celui à _ 1 IV *
qui il en avoit pafté étant mort, lui-même se découvrit par son indis-crétion; aiant été arrêté, on lui fit son procès dans les formes, après quoile Roi lui pardonna (a). Le Roi consentit aussi, que le Maréchal de Bris-sac, qui commandoit en Bretagne ; fit une trêve avec le Duc de Mercosurpour le reste de satinée, qui devoit commencer à la mi-Octobre;il envoyaM. de Villeroi fur la frontière pour regler avec M. Richardot, Ministrede I’Archiduc, le lieu & le tems des Conférences. Le Duc de Luxembourgqui avoit été déja deux fois à Rome , y retourna en qualité d’Ambassadeurdu Roi, & fut fort bien reçu; mais d’Ossat, un des plus habiles & desplus intégrés Ministres du Roi, eut toujours le secret des affaires. A cetégard, il fut plus heureux que la plupart de ses prédécesseurs ; la Francen’aiant jamais eu ni de plus habiles Ministres, ni de plus grands Capitainesque fous le régné de Henri IV.
Pendant que ses Ministres traitoient de la paix, le Roi méditoit une ex- Réductionpédition pour achever de rétablir la tranquillité au dedans du Royaume. ds la à-Dans cette vue, il envoya le Connétable pour commander en Picardie avec ta & w -un petit corps d’Armée, sachant bien que les Espagnols n’avoient ni la vo-lomé ni les forces nécessaires pour rien entreprendre & il donna ordre auMaréchal de Brissac de recommencer la guerre en Bretagne, & de n’enten-dre à aucune proposition. Le Maréchal exécuta ses ordres avec courage &heureusement. Au commencement de Fevríer, Henri se mit en marchepour la Bretagne avec deux mille chevaux & douze mille hommes de pied.
A son approche, íìx ou sept des principaux Seigneurs se soumirent & firentleur paix (S>). Le Duc de Mercosur en fut si consterné, qu’il résolut de faireson accommodement aux meilleures conditions qu’il pourroit. II fut la du-pe de fa politique jusqu’à la fin; car comme dans les commencemens il s’é-toit flaté d’obtenir le Duché de Bretagne en vertu des droits prétendus defa femme, il ne doutoit pas alors qu’il ne fût compris dans le Traité depaix, en qualité d’Allié de l’Efpagne. Mais fe voyant fur le point d’êtreattaqué par une Armée Royale, & d’être abandonné en même tems de sespartisans, il fut contraint d’avoir recours à un expédient, qui bien qu’il luiréussit au delà de ses espérances étoit une ressource qui ne lui étoit pas fortagréable à lui-même, & très-mortifiante pour la Duchesse íà femme, hé-ritière de la Maison de Penthievre, & une des femmes les plus glorieusesde France; ce qu’il y eut de plus humiliant pour elle, c’est qu’elle fut obli-gée d aller eile-même trouver le Roi à Angers, & d’en faire la proposition(c). C’étoit de marier leur fille unique au fils naturel du Roi, que les Cour-tisans appelloient César-Monsieur, pour plaire au pere & pour flater lamere. La proposition fut acceptée; le Roi donna à son fils le Duché deVendôme & après la mort de fa mere celui de Beaufort. D’autre part la
(a) De Tlmi ubi íup. (c) Daniel 1. c, Msm. de Sulli h- n
(b) Mezeray, p, j8j, Daniel p. 245. T. líí. p, i£o.
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