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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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212 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Sectton jeune Princesse devoit avoir les Duchés d’Etampes, de Penthievre & dcX. Mercœur. Le Duc fut aussi obligé de fe démettre du Gouvernement dc

Histoire de g reta g lie en faveur de son gendre. Pour mettre la derniere main à cette

affaire, le Roi fit fiancer d’abord le jeune couple, & bénir peu après le

mariage par le Cardinal de Joyeuse, avec la même magnificence, que si

c’eût été un fils de France légitime (a). Le Roi alla ensuite à Rennes te-nir les Etats de Bretagne, & delà à Nantes. Dans l’efpace de deux moisqu’il demeura dans cette Province, il amassa douze-cens mille écus en ar-gent comptant, dont les deux tiers provenoient du don des Etats : cefut là un secours qui vint fort à-propos, l’épargne étant presque épui-sée par les dépenses de la guerre, & par les grandes sommes que rétablis-sement de son fils avoient couté au Roi, ce jeune Prince étant devenu parlà un des plus riches de France.

ó'à't de Jin ce tems-là les Réformés avoient aussi changé d’idées, & ils travail-JSsantcs. loient à faire regler leurs affaires une fois pour toutes; ils avoient donc sui-

vi le Roi de Blois à Nantes. Ce fut-là qu’ils obtinrent enfin le fameuxEdit, qui porte le nom de cette ville, qui leur procura du repos pourun tems, & qui auroit du leur assurer à perpétuité un établissement so-lide en France. Les Commissaires de la part du Roi étoient M M. deSchomberg, DeThou, Jeannin & de Calignon; ceux des Réformés lesSieurs Constans, la Mothe, de Cafés & Charnier, Ministre de Monteli-mar, & un des hommes les plus illustres de leur Communion. Quelques-uns (b) lui font honneur de la composition de l’Edic, qui étoit bien conçu& très-favorable aux Réformés. II est certain qu’en ce que le Roi fit poureux, il y eut au moins autant de politique & d’appréhension, que de re-connoissance & d’affection. D’une part ils l’avoient fort aliéné d’eux parleur conduite & par l’ingratitude de leurs chefs, qui ne cherchoient qu’àfe rendre redoutables, fous prétexte de zele de Religion. D’autre parcles Seigneurs de la Ligue Catholique lui avoient rendus depuis peu d’im-portans services, & témoignoient beaucoup de zele pour fa personne &pour son Gouvernement. Mais la crainte qu’il eut, que si les Huguenotsprenoient les armes, ils n’appellassent encore des Etrangers dans le Royau-me , qu’ils ne retardassent la paix avec l’Efpagne, & ne lui fournissent unprétexte de renouvelles la Ligue, le détermina à leur accorder des condi-tions avantageuses. Mais surtout le désir extrême d’avoir la. paix, pourremedier aux abus, & aux griefs dont íès Sujets de tous les ordres fe plai-gnoient, l’engagerent à accorder cet Edit, & à Je maintenir après savoirdonné, avec cette fermeté digne d’un Roi, qui peut fe rendre témoigna-ge, qu’il n’a eu en vue que la tranquillité générale & le bien public, & quece qu’il a fait peut y contribuer (*). Henri étoit également éloquent &ferme, quand il étoit bien sûr que ses mesures étoient justes.

(a) Sulli ubi fup. p. i 81 , (b) Varillas , B ay le.

(*) Ce fameux Edit est daté â Nantes le 13 d’Avril 1598. Outre qu’il rétablit de lafaçon la plus solide tous les privilèges accordés jamais aux Réformés par les autresRois, & en particulier par ien prédécesseur, il y en a d’autres, auxquels on n’avoitjamais pensé, & qu’on n’avoit jamais demandé; entre autres que les Réformés étoientdéclarés capables de toutes les Charges, Emplois & Dignités ; que leurs enfans pou-