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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 213

Ces Conférences pour la pais avec l’Efpagne continuoient toujours Sectionheureusement à Vervins, fous la médiation du Cardinal de Florence, Lé-^ ^gat du Pape, & de François de Gonzague, Evêque de Mantoue, Non- HeníTi*

ce du Pontife. Les Plénipotentiaires de France étoient Messieurs de--

Bellievre & deSilleri, qui furent successivement Chanceliers de France;de la part de l’Archiduc, le Roi d’Efpagne n’aiant voulu traiter que parlui, c’étoient le Président Richardot, le Commandeur de Tasis & le

Noient étudier dans les Colleges & Universités, & qu’il y auroit des Chambres mi. par-ties en divers endroits. Les Réformés furent û contens de cet Edit, qu’ils envoyerentdes Députés au Roi pour le remercier, & qu’ils firent faire des prières pour fa prospé-rité. Son illustre Historien fie Duc de Sulli; qui étoit bon & zélé Réformé, loue fortia prudence, la modération & la fermeté que Henri témoigna en accordant & en main-tenant cet Edit. 11 fait connoitre en détail les circonstances où fe trouvoit son Maî.tfe quand il le donna, & fait voir par là qu’il desiroit ardemment d'étouffer parmises sujets les querelles civiles & religieuses, disposition à laquelle il donne de grandesWanges. 11 nous apprend auffi, qu’auíïïtôt que l’Edit fut signé, il résolut de ne plusMénager le Duc de Bouillon & de lui parler nettement. Ce Seigneur étoit alors rete-bu au lit par la goutte ; le Roi alla lui rendre visite & aìant fait sortir tout le monde deh chambre, il lui dit d’écouter sans l’interrompre tout ce qu’ii avoir á lui dire, & com-mença par le détail de toutes ses différentes manœuvres, aíin de iui faire voir qu’il n’enignoroit aucune. Le Duc voulut prendre la parole pour s’excuser ; mais il fut arrêtéPar fa Majesté, qui lui dit que fans autre justification; dès ce jour elle oublioit tout lePassé, & qu’après avoir pardonné tout ce que la malice la plus noire avoir pu suggérerà ses ennemis, elle n’avoit garde d’exclure de ses grâces un ancien Serviteur, dont elleavoit été longtems satisfaite. Mais ensuite le Roi avertit le Duc, en prenant un tond’autorité, de profiter du conseil quil vouloir bien lui donner, comme son Ami, dene se souvenir de sa conduite passée, que pour en prendre une directement opposée,hareeque s’il arrivoit qu’il se laissât encore aller á manquer de respect pour son Roi &son Maître, il étoit résolu de l’en punir. II parla aussi avec la même liberté à ses^arlemens, & comme il parloir bien, on l’écoucoit ordinairement avec plaisir, & cestu’il disoit fesoit impression. 11 dit aux Députés du Parlement de Paris, qui lui avoitfait de fortes remontrances fur ce qu’il lui avoit ordonné d'enrégistrer I’Edit ; qu’il étoitsurpris qu’ils doutassent qu’il fût Catholique, tandis que le Pape & le Roi d’Espagne enNoient persuadés. 11 leur avoua que l’Edit étoit le fruit de la nécessité, non une né-cessité telle que quelques-uns s’imaginoient, mais celle d’étabiir une paix générale &solide. 11 leur dit que l’état du Royaume & la fureté de la Religion Catholique le de-jbandoíent; qu’en matière de Religion on ne devoir point user de violence; que danse teins qu’il étoit lui-même Réformé & le Chef des Réformés, il avoit toujours^fconnu que la persécution leur étoit avantageuse; qu’en poussant des gens qui ontoe la conscience & du courage à l’extrémité, on procuroit aux Huguenots des Trou-pes invincibles, qui restoient telles, même après leurs défaites; qu’il étoit ridicule deDétendre faire changer de religion aux gens, en les combattant, que s'ils avoiencDessein de convertir les Huguenots, le vrai moyen étoit de réformer leur vie, & dej* Çonduire conformément à leurs principes. 11 ajouta, qu’il étoit Roi Catholique,"‘ais auffi un Berger, qui vouloir ramener ses brebis dans la bergerie avec douceur,j s’étendit fur les peines qu’ii s’étoit données pour réunir & appaiser les partis, enC“r accordant tout ce qu’ils pouvoient raisonnablement desirer, nonobstant les inju-* es qu’on lui avoit faites. 11 dit, que ce n’étoit point par crainte qu’il tenoit ce ìan-qu’il favoit où trouver vingt raille hommes, qui fer oient de fa volonté .la Loi;‘“ais qu’ii ne vouloir pas être un Tir an, chose qu’il détestoit. Qu’il leroit toujoursl^êt à écouter leurs remontrances, & rnême celles du moindre de ses sujets. 11 finit en,® u r conseillant de n’avoir à l’avenir d’autre émulation, que celle de se disputer la gloire"qui seroit meilleur Chrétien & le meilleur sujet, On reçut ses avis comme ils le‘"ftùoient L l’Edit fut vérifié.

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