216 HISTOIRE DE FRANCE Lrv. XXIII.
Section Ministère à son avantage , en se fesant des amis, il ne balança point àX. se faire des ennemis, en se mettant toujours entre son Maître & d’avi-Histoire de j es Courtisans , qui ne cessoient de demander ê au delà de ce qu’ils a*Henn iv. vo j en£ mérité (a). Sous le régné de Henri, ils ne purent lui nuire ;
mais sous le régné suivant ils eurent assez de crédit pour le dépouillerde fa charge, moyennant quoi les Finances retombèrent dans le même dé-sordre & dans la.même confusion d’où il les avoit tirées. j
Le Raima- Remariage de l’Archiduc Albert avec l’Infante d’Efpagne, engagea le jrie fa four. I^oi à hâter celui de fa sœur avec le Duc de Bar. II y eut cependant queï-I599 ‘ ques difficultés à cause de la différence de Religion; le Pape avoit écrit auDuc pour le détourner de ce mariage, ne voulant point accorder de dis-pense , ce qui n’empêcha point le Roi de les faire marier par Charles deBourbon, Archevêque de Rouen, son frere naturel. Nonobstant son ma-riage & la promesse de se faire instruire, la Princesse vécut & mourut bon-ne & zelée Protestante, sans enfans & fans être heureuse. Avant son dé*part, elle pressa le Roi de faire vérifier l’Edit de Nantes ( b ). On en avoitdifféré la vérification jusqu’après le départ du Légat du Pape, & ce delaiavoit donné le tems à quelques têtes chaudes du Clergé de soulever tout lemonde contre l’Edit, mais surtout contre un Article, qui permettoit aux Ré-formés d’admettre dans leurs Synodes toute forte d’Etrangers, fans la per-mission du Roi ; article qui y avoit été mis pour faire plaisir au Duc deBouillon, & qui étoit conçu de façon à donner trop d’avantage au ClergéCatholique. Le Roi le fit modifier, du consentement des Réformés, dontplusieurs le desapprouvoient, & moyennant quelques autres modifications,il obligea le Parlement de fenrégistrer, de la même façon qu’il s’y étoitpris à l’égard de l’Ëdit en faveur du Duc de Mayenne. Mais quoique sesordres fussent précis, il les appuya défi bonnes raisons, qu’au jugementdes personnes impartiales, il fit voir qu’il avoit autant en vue la tranquilli-té & le bien général de ses peuples, que de contenter les Protestans I(c). Quelques Historiens disent (d), que sa sœur ne voulut pas quitter jParis, qu’elle ne vit cette grande affaire terminée, & elle le fut au mois jde Fevrier.
n a envie R°i ne réussit pas aussi bien par rapport au divorce & au mariage
à'èpmftr la qu’il méditoit ; qui étoient plutôt des projets d’un simple particulier que JJ>“chi[sede d’un Roi. II fouhaitoit d’obtenir du Pape la cassation de son mariage avecjseanj-on. Marguerite sœur de Henri III., cette Princesse n’en étoit nullement éloi-gnée & elle y consentit ensuite ; mais aiant appris que le Roi vouloit épou-ser la Duchesse de Beaufort, elle déclara qu’elle s’y opposerait de tout son ,pouvoir. Le Pape témoigna aussi beaucoup d’éloignement pour cet étran* Ige & à quelques égards absurde projet. Le Roi n’y renonça cependant jque lorsqu’il fut délivré des importunités de cette Dame par la maniéré jtragique dont elle mourut (e); il en fut extrêmement affligé, mais comme j.
00 Voy. en Général les Mémoires deSulli.
Çb) Mem. de Sulli 1 . c. p. 357 & jfuiv.
C c ) Les mcmes, p. Z67, 368.
(d) Matthieu.
CO Mem. de Sulli ubi sup. p. 384 &