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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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î-IISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII. 217îes choses violentes ne sont pas de durée, fa douleur se calma bientôt (*). SectiohS es Courtisans approuvoient par complaisance, ce que les moindres de ses x.sujets déploroient. Uenitiv

C*) Le grand foible de Henri IV étoit, que ses Galanteries influoient tellement fur faconduite, qu’íl est impossible de rendre l’Histoire de son régné un peu intelligible ,sans parler de ses amours. í.a Dame dont il s’agit ici étoit fille d’Antoine d’Eítrées,

Seigneur de Cœuvres lez Soissons, Grand Maître de l’Artillerie & de Françoise Baboude la Bourdaifiere. M d’Eílrées étoit homme d’honrieur, & fort mécontent de la con-duite de fa femme, qui étoit en intrigue avec le Marquis d’Alegre Meillan, Gouver-neur d’issoire en Auvergne, & elle fut tuée dans un soulèvement qu’il y eut contre sonGalant. La sœur de Madame d’Estrées, qui s’appelloit Isabeau, épousa le Marquis deSourdis, & du vivant de son mari elle étoit Maîtresse déclarée du Chancelier de Chiver-ni. A l’égard de la belle Gabriel le fa niece, ses amours avec le Roi commencerenten 1591; son pere s’y opposa de tout son pouvoir, mais le penchant de la jeunepersonne & les conseils de Madame de Sourdis fa tante, la jetteront bientôt entreles bras du Roi. qui s’exposa, dit-on à de grands Bazards pour elle; ce qu’il y ade certain c’est que cette passion mit quelquefois fa personne en danger, plus sou-vent encore son autorité, & toujours fa réputation, II est parlé d’elie fous tant denoms différens, qu’un Lecteur ordinaire peut aisément s’y brouiller; elle est appeiléela belle Gabrielle, á cause de sa beauté; Mademoiselle de Cœuvres du nom de sonpere ; plus souvent Madame de Liancourt & Madame de la Roche Guyon , à raisonîle sou mariage avec Nicolas d’Amerval, Seigneur de Liancourt & de la Roche Guyon;ensuite la Marquise de Monceaux & Duchesse de Beaufort, titres que le Roi luidonna. Suivant quelques Historiens elle eut beaucoup de part à la conversion daRoi; ce qu’il y a de certain, c’est qu’elle fut présente à la cérémonie, ce qui étoitfort indécent La Ligue pensa à se servir de cette Dame pour se défaire du Roi,même depuis fa conversion, & par cette raison un des Prédicateurs fut fortement re-pris pour avoir déclamé contre la vie scandaleuse que le Roi menoit avec elle. Henriétoit fi peu maître de sa passion, qu il la fit venir au siégé d'Amiens, mais les murmu.res de l’Armée, & les remontrances hardies au Maréchal de Biron, l’obligevent de l’é-loigner. Après la mort de M. de Saint Luc elle obtint pour son pere la charge deGrand Maître de l’Artillerie, ce ne fut pourtant pas fans peine, parce que le Roi des-tinoît cette place au Baron de Rosni. Ce grand Homme nous apprend, que le Roitint bon contre les larmes , mais qu’il céda à la menace que la Dame fit de se jetterdans un Couvent; mais il ne dit pas, ce qui est pourtant vrai, que le Pere de M.d’Estrées avoir eu cette charge ct. s’en étoit acquitté avec honneur, en sorte qu’on ap-plaudic beaucoup au choix du Roi, quand il la donna au fils. La Duchesse de Beau-fort avoit ['ambition de devenir Reine; on croit même que ce fut un des grands motifsqui firent qu’elíe sollicita si vivement le Roi de se faire Catholique , parcequ’elle avoitabsolument besoin du pape par plusieurs raisons, pour parvenir à son but. Le Roi lui-même deíìroit ardemment de l’épouser. II en toucha quelque chose au Cardinal de^Iedicis, Jorsqu’il étoit Légat en France, mais le Cardinal lui répondit si froidement,que lorsque le Rpi envoya M. de Silleri à Rome pour obtenir la cassation de son ma-*iage, il eut ordre surtout de ne point parier au Cardinal de la Duchesse. Quand le Roisomba malade à Monceaux, elle le pressa fort vivement, & obtint de telles assurances,qu’elle tint à Madame de Rósni des discours, par lesquels il paroissoit qu’elle regardoit^ chose comme certaine. Sa mort fut aussi remarquable que sa vie. Elle avoit accom-c °mpagné le Roi à Fontainebleau & y avoit passé une grande partie du Carême, étantêtosse; mais Henri ne voulant pas, pour éviter le scandale, qu’elle s’y trouvât avec luiPendant Its l'êtts, jugea à propos qu elle les allât passer à Paris. II la conduisit jusqu’à^ielun, & quand elle prit congé de lui elle lui recommanda ses enfans, ses domesti-ssUts ct tout ce qui lui appartenoít avec tant de tendresse, qu’il sembloit qu’elle comp.soit ne le revoir jamais. A son arrivée á Paris elle alla loger chez Sebastien Zamet,

Originaire de Lucques: il avoit été employé longcems dans les Finances, & le Roi l’ai-siioit parcequ’ii étoit plaisent & enjoué. Un trait assez singulier qui le regarde, & qui

Tome XXX/. E e