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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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218 HISTOIRE DE FRANCE. Lw. XXÏÏI.

Section Quelque peu que cela convienne à la dignité' de l’Histoire, il est absolu-X ment nécessaire de continuer celle des amours du Roi, parcequ’ils produi-Hiftoire * firent quelques-uns des événemens les plus mémorables de son régné. TroisHenri Iv -f ema j nes après la mort de la Duchesse de Beaufort, qui l’avoit tiré d’un desplus grands embarras où il se fût jamais vu, il se jetta dans un nouveaù'la-byrinche, en commençant de nouvelles amours avec Henriette Balzac d’En-tragues, 611e de la fameuse Madame Touchet, Maîtresse de Charles Dí,dont elle avoit eu le Comte d’Auvergne. Le Roi pour obtenir Molle d’En-tragues lui donna une promesse de mariage ; & ce qu’il y eut de plus singu-lier, c’e.st qu’avant que de remettre cette promesse, il la montra à M. deRofni, qui la prit & la déchira. Le Roi lui demanda s’il étoit fou? II estvrai Sire, reprit M. de Rofni, je suis un foui (k plût à Dieu que je fussetout seul en France ( a ) ! Cela n’empécha pas le Roi d écrire une autre pro-messe & de la donner. De Rofni crut à l’air de Henri qu’il étoit disgra-cié , & il le pènfoit encore, quand le Roi ajouta aux autres charges dontil étoit revêtu, celle de Grand Maître de f Artillerie (b).

Le Roi ob- L’affaíre de la dissolution du mariage du Roi alloit aussi bien à Rome,tient la tiis- q ae ] e R 0 i pouvoit le souhaiter. La Reine Marguerite, après la mort de;a Duchesse de Beaufort, aiant fait tout ce qu’ii fklloit pour la faciliter, lePape nomma son Nonce & deux autres Prélats,& fur ce que la Reine dé-clara quelle avoit été forcée par le Roi son frere à ce mariage, & qu’ellen’y avoit jamais donné son consentement, il fut déclaré nul, & les partiesmises en liberté de contracter un autre mariage (c). D’Ossat, devenu Car-

Julu'ion deJon mai in-né-

(a) Metn. de Sulli T. III. p. 416. (c) Daniel 290. Lett. du Cardinal d’Os-

Q) Le même, p. 429. Daniel p. 300. fat T. 111 .

mérite d’être rapporté, c’est qu’il dit au Notaire , qui fesoit le contrat de mariage desa fille de le qualifier Seigneur de dix sept-cens mille écus, titre qu on lui donna tou.jours depuis. II la traita avec tout le foin possible , & lui procura tout ce qu’il savoitqu’elle aiinoit. Un jour aiant mangé un citron après diner , elle se trouva sort mal;cela s’étant passé, elle alla entendre Ténèbres, & â son retour elle alla prendre i’air dans leJardin, où elle fut attaquée d’apoplexie. Aussitôt qu’elle fut un peu revenue, elle sefit transporter chez Madame de Sourdis fa Tante , où elle mourut dans de violentesconvulsions, au mois d’Avril. Le peuple & même des gens qui prétendoient être plus-sages, prétendirent que le Diable l’avoít étranglée, pareeque son visage resta hideuse-ment défiguré & noirci. Mezeray & d’autres Historiens donnent à entendre qu’elleavoit été empoisonnée. Le Pape Clement VIII. crut que c’étoit un coup du ciel ac-cordé à ses pricres, prévoyanc les malheurs auxquels la France auroit été expoiée, aucas que le Roi l’eût épousée, & eut voulu faire légitimer les enfans qu’il avoit d’elle ;ce qui étoit effectivement un des plus étranges projets, qui ait jamais été conçu par unhomme sage. On prétend qu’elle avoit bien des qualités aimables, & qu’eile n’étoifpas si généralement haïe, que les Historiens modernes le disent. Quant à son mariageavec Monsieur de Liancourt, homme de qualité & fort riche, mais mal-fait, ce fut unartifice du Roi pour la tirer des mains de son pore; car ce mariage ne fut jamais con-sommé , & fut ensuite cassé, lille étoit d’un esprit médiocre òt avoit un grand foiblepour l’Astro'ogie, quoique dans des appréhensions continuelles, pareeque ses devins nelui annonçoient jamais que des choses désagréables. Le Roi eut d’elle César Duc deVendôme, né au mois de Juin 1594, mort à Paris le 22 d’Octobre 1665; Alexandre,Grand Prieur de France, mort en 1629, & Catherine-Henriette, mariée à Charles deLorraine Duc d’Elbœuf, & morte en 1663.