HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 219
dînai, & M. de Silleri négocièrent cette affaire, & ensuite le mariage du SectionR oi avec Marie de Medicis, niece du Grand Duc de Toscane (a). R fut x.conclu plus promptement que Henri ne s’y attendoit; mais quand il vit Tas jj^ 1 Jj re l y 4
faire faite, il s’y prêta de bonne grâce, & déclara que puisqu’il étoit de-'
Tiatérêt de ses sujets qu’il se mariât, il le feroit. Son Ministre dit, quece Prince, que tous les périls de la guerre n’avoient jamais effrayé,contre la vie duquel cette même année trois Moines avoient conspirésans qu’il en fût fort troublé, trembloit à la feule idée des querelles do-mestiques , tandis qu’il continuoit à se conduire de la façon la plus pro-pre à les exciter.
Ceux qui avoient principalement part à la confiance du Roi étoient M. Méconten*Pomponne de Bellievre, que le Roi avoit fait Chancelier après la mort d. teme,lt dsM. de Chiverni; c’étoit un homme d’une grande capacité & d’une probité ‘seigneurs.à toute épreuve, M. de Silleri, qu’il avoit envoyé à Rome, le Prési-dent Jeannin & le Baron de Rosni; tous gens propres à répondre auxintentions du Roi, qui étoient de rétablir l’ordre & la justice par tout leRoyaume, de remédier aux ravages causés par les guerres civiles, & d’a-bolir les innovations préjudiciables aux droits de la Couronne & au bonheurpublic. Ces projets, tout justes & nécessaires qu’ils étoient, ne plaisoientpas également à tout le monde, à révoltoient surtout les Grands Seigneurs,qui ne pensoient pas seulement qu’ils fussent tenus à la soumission, ou qu’ilseussent un Maître. De ce nombre étoient le Connétable de Montmoren-ci, le Maréchal Duc de Bouillon, les Ducs de la.Trimouille & de Mont-pensier; le Duc d’Epernon étoit encore plus mécontent que les autres, <Ale Maréchal de Biron l’emportoit fur lui; ce dernier étoit devenu telle-ment vain, qu’il ne pouvoit plus soutenir la pensée de n’êtreque sujet;
& on doit être d'autant moins surpris qu’il eut perdu le respect dû àson Roi, puisqu’il s’exaltoit lui - même au dessus des plus grands Ca-pitaines.
Les Agens du Duc de Savoye avoient informé leur Maître de tout ce Voyage iaqui fe passoit, & surtout de ces apparences de mécontentement parmi les ^ c j e ^ a 'Grands, afin qu’il profitât de ces mésintelligences. II en avoit déja agi cizlrde maniéré avec le Pape, que celui - ci avoit renoncé à la qualité d’Arbi- France.tre, qu’on lui avoit donnée par le Traité de Vervins, par rapport au 1C0Q,Marquisat de Saluces. Le Duc prit la résolution de venir à la Cour deFrance, & cela dans deux vues. La premiere de gagner le Roi & ses Mi-nistres par ses souplesses, pour garder le Marquisat, étant bien résolu à nes’en pas désaisir, quelque chose qui arrivât. Son autre vue étoit de pren-dre des liaisons avec les mécontens, pour exciter des brouilleries (b).
Henri auroit volontiers évité cette visite, mais rien ne put en détournerle Duc, qui s’estimoii le plus habile négociateur de l’Europe, & fe flatoicde fe faire des partisans à la Cour de France. II fut reçu avec tous leségards imaginables & traité avec la derniere politesse & magnifiquement,
& le Duc de son côté surpassa toutes les idées qu’on avoit de lui (r). II
(a) Mem. de Sulli I. c. p. 418, 40 0 -00 De Ihou L CXXI 1 I. Guichmn Hist.
de Savoye.
(c) Mem- de Sulli I. c. p. 43° & ^ ulV “Ee 2