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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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220 HISTOIRE DE FRANCE. U\K XXIII.

Section fit sa cour au Roi avec autant d’adreíse que d’assiduité, sans bassesse níX flaterie ; il conversoit avec les Seigneurs de la Cour avec des maniérés ai-

fans avilir son rang; il dépensa en présens bien quatre-_^L__ cens mille écus, en un mot il n’oublia rien pour réussir dans son projet,sans pourtant avancer le moins du monde. II se passa un mois entier, fansque le Roi lui parlât de rien, & enfin quand on en vint à parler d’affaires,le Roi déclara nettement qu’il demandoit la restitution du Marquisat de Sa*ìuces ou un équivalent (a). Ce dernier parti sembla être le plus du goûtdu Duc, & il proposa tantôt un équivalent, tantôt un autre. Enfin leTraité fut signé à Paris le 27 de Fevrier, par lequel il fut réglé que le Ducrestitueroit Le Marquisat, ou céderoit l’équivalent marqué, & que le Ducopteroit au premier de Juin suivant. A juger par la maniéré dont cetteaffaire se traita, le Roi & ses Ministres n’avoient pas sujet de croire queJe Duc exécutât le Traité. Ce fut par cette raison que quelques uns daConseil proposèrent au Roi de l’arrèter, comme le plus fur moyen d’avoirle Marquisat de Saluces fans qu’il lui en coûtât une guerre. Mais le Roidéclara qu’il vouloit imiter la conduite de François I. à ne point manquerà fa parole pour quelque avantage que ce fût. II le fit entendre au Duc,qui renonça au dessein de s’échaper secrètement, & au commencement deMars il partit pour ses Etats ; le Roi suivi de toute la Cour l’accompagnajufqu’au pont de Charenton, & lui donna le Baron de Lux pour le condui-re jusques fur la frontière (b). A son arrivée á Bourg en Bresse, qui fesoitpartie de ses Etats, il écrivit une Lettre de remercîment au Roi, & serendit à Chamberi, où il resta jusqu’au 20 de Mai, & delà alla à Tu-rin (c), & promit aux Ministres du Roi de leur faire savoir sa résolutionsur l’option qu’il devoir faire.

Henri IV. Pendant son séjour à la Cour de France, le Duc avoir tâché de persua-fait la guer- j er au j^oi, qu’il étoit entierement détaché de l’Espagne, il avoir même7 e “savo™ insinué qu’il seroit bien aise que Henri fit revivre les prétentions de ses. a;oye. processeurs fur le Duché de Milan. Aussitôt qu’il fut de retour chez lui,il envoya son Chancelier à Madrid, pour obtenir du secours de PhilippeIII. en cas de rupture (d). L’Envoyé fut reçu d’abord fort froidement,on lui dit qu’on savoit les propositions que le Duc avoit faites à Paris ; leChancelier nia tout, ce qui fit que les Ministres d’Espagne l’assurerentqu’on sécoureroit le Duc puissamment, & on expédia les ordres nécessairesau Comte de Fuentes, Gouverneur du Milanés. Le Duc demanda un dé-lai, quand on le somma d’opter, & à la fin il déclara, que le Traité deParis étoit trop onéreux & qu’il ne pouvoit le tenir (§). Le Roi qui avoitpris ses mesures, fit attaquer la Bresse, la Savoye L le Comté de Nice enmême tems. Le Maréchal de Biron fe rendit maître de toute la Bresse, àla reserve de la Citadelle de Bourg (/). Chamberi & la plus grande par-tie de ia Savoye furent aussi soumises fans beaucoup de difficulté. Mais le

(d) De Theu 1. c. voy. auflî D'AubigniT. III. L. V. Mezeray, Daniel.

(b) Me m. de Sulli ubi sup. De Tìm 1. c.

(c) Sulli 1. c. Daniel p. 31 S.

(d) Daniel I. c.

(0 Sulli 1. c. De Theu L. CXXV.(/) De Thou 1. c. Daniel p. zi8.