HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. * 2îDuc de Guise échoua dans f entreprise de surprendre le Château de Nice. Ssct [ONTour cela se passa dans le mois d’Àoût. Au commencement de Septembre X-le Roi prit Miolans, & Lesdiguieres s’empara de Cosílans, passage dans Hra/Ay 4
la Tarentaîle,s'v de Charbonnière (a), qui est la clef de la Maurienne ; il_».
fut ensuite rappelle pour satisfaire la jalousie du Maréchal de Biron. Maisce qui consterna le plus le Duc de Savoye ce fut la prise de Montmelian ,qu’il regardoit comme imprenable, mais le Baron de Rofni, qui avoit as-suré le Roi qu’il prendroit cette Place, & qui avoit dit au Duc en badi-nant, que les nouveaux canons qu’il avoit fait fondre étoient destinés pource siégé, le Baron de Rofni dis- je fit guinder six canons fur une montagnequi la commandoit, & où l’on ne croyoit pas qu’i! fût possible, d’en con-duire; delà-il battit la place de façon que le Gouverneur promit de se ren-dre, s’il n’étoit pas secouru dans un certain tems. Le Duc s’avança à latête de quinze mille hommes pour secourir la Place, mais les neiges & lesTroupes du Roi l’empêchcrent de passer & Montmelian se rendit (£}.
Cette reddition fut suivie d’une autre disgrâce, le Maréchal de Biro'n prieau cœur de l'Hiver le Fort de Sainte Catherine, une autre des Places im-prenables du Duc, qui avoit couté infiniment à fortifier, & qu’ii regar-doit comme un frein pour Geneve, le Roi la fit démolir à la sollicitationdes Genevois («•). Le Duc en eut beaucoup de chagrin, & comme ils’étoic engagé imprudemment dans la guerre, il fut obligé de pensersérieusement aux moyens de la faire finir, ce donc il. fut redevable à lamédiation du Pape.
Après la prise du Fort de Sainte Catherine, le Roi se rendit à Lyon,où ^ épwfela Princesse de Florence l’attendoit depuis huit jours (d). Bellegarde grand Melicií^Ecuyer de France & Favori du Roi, avoit été envoyé à Florence pour ''porter au Grand Duc la procuration du Roi pour épouser la Princesse, cequ’il avoit fait le 5 d’O&obre, Après de grandes réjouissances, dans les-quelles le Grand Duc fit briller une magnificence extraordinaire, les Galèresde Florence, du Pape & de Malthe amenerent la nouvelle Reine à Mar-seille où elle arriva le 3 de Novembre, accompagnée de la Grande Du-chesse de Florence sa tante, de la Duchesse de Mantoue sa sœur, de D.
Antonio de Medicis son frere & de plusieurs autres personnes de qualité.
Elle y fut reçue par le Connétable, le Chancelier, les Ducs de Nemours &de Ventadour, avec le Duc de Guise Gouverneur de la Province, quatreCardinaux, plusieurs Princesses & des premières Dames de la Cour. Cebrillant cortege l’accompagna à Aix & delà à Avignon ; d’où elle remontale Rhône par Vienne & arriva à Lyon. Le Roi s’y étant rendu, le Car-dinal Aldobrandin Légat du Pape fit la cérémonie du mariage, (e). LeRoi, bien que naturellement ménager n’épargna rien pour que tout se fítavec la magnificence convenable. Les affaires fie laissèrent pas d’alîer leurtrain, & en particulier le Traité avec le Duc de Savoye, qui se négocioicpar le Cardinal Légat. Le Roi souhaitoit la paix, dont le Duc avoit ab-
(&) Hiíl. de Lesdiguieres L. VI. Ch. 12. (cl) Mezeray 1 . c. p. 238.
(b) De Thou. >. c< Sulli ubi íup. (e) Le même,-p. 239, Daniel, p. 33**
\cj Daniel 1 . c. p. 324,
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