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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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L2L HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section solument besoin, le Pape avoir aussi ses raisons pour la conclure prompte-x : ment, & tous diisimuloient. L’adreífe avec laquelle chacun jouoit son rô-

Bai°n\v le > kut cause qu’à la*fin toute la négociation fut suspendue, mais le Baroncnn de Rosni par son habileté la renoua, & la termina conformément aux désirsdu Roi (a).

Cmses & On ne trouve peut-être pas dans l’Histoire de France d’exemple d’uneJuUes <ie la guerre entreprise avec plus de résolution, conduite plus habilement & ter-« de m i ne ; e p] us heureusement, que celle-ci ; & c’est ce qui fut cause en grandeai0 - !e ' partie que ce fut la derniere guerre étrangère qu’il y eut sous le régné deHenri IV. Mais pour bien entendre toute cette affaire, il faut aussi savoirì’Histoire sécrété; parceque par le simple récit des événemens, il sembleque le Duc, quoiqu’il fût un des plus habiles éfc des plus déliés Politiquesde son tems, entreprit la guerre fort imprudemment, la fit foiblement, &par conséquent fut aisément vaincu, ce qui n’est pourtant rien moins quevrai. Nous avons parlé des raisons qui l’engagerent à venir en France, ils’en expliqua lui même un peu trop clairement, en disant quil y é‘oìt venunon pur recueillir , mais pour semer (b). 11 sema effectivement, Òi se fla-toic d’une abonuante recuite, bien que son attente fût trompée. II ne vitque peu de Troupes, la difficulté qu’on fit de ìui montrer f Arsenal & lesMagszins lui fit croire qu'ils étoient vuides ; bailleurs la grande oeconomicde Rosni lui persuada que l’épargne étoit épuisée. II crut qu’il n’avoicgueres rien à crandre d’un ennemi qui étoit dans cette situation. II étoitparfaitement instruit des Partis qu’il y avoit en France & la vivacité desChefs lui paroissoit un sûr garand, que si la guerre s’allumoic au dehors,ily auroit des mouvemens au dedans. II comptoir d’ailleurs fur le bon étatde ses Places, bien fortifiées, pourvues abondamment de tout & où il yavoit de nombreuses garnisons. II fesoic encore fond sur l’effet qu’a-voient produit ses libéralités. On a de la peine à croire, & c’est néan-moins un fait, qu’il fut trompé à tous ces égards par la vigilance &l’activité du B iron de Rosni, qui comme Ministre conseilla la guerre, &en qualité de Grand-Maître de l’Artillerie conduisit les sieges Le Ma-réchal de Biron étoit dans ses intérêts , & d’abord tâcha de lui rendreservice, mais quand il fut une fois à la tête des Troupes, la vanité leporta à faire des conquêtes. Ses amis étoient continuellement autour duRoi & fesoient pour lui tout ce qui dépendoit d’eux, mais le Roi en*tendoit mieux le metier de la guerre qu’eux, & Rosni & Lesdiguieres ser-virent leur Maître avec tant de fidélité & de courage, qu’ils rendirent inu-tiles tous les efforts des amis du Duc. Dès le commencement de la guerre,une femme proposa à un Prince du Sang, qui étoit fort mécontent, d'em-poisonner le Roi; mais cette femme lui fit tant d’horrtur, qu’il alla in-continent la dénoncer & elle fut brûlée vive (c) Les Espagnols, malgréleurs grandes promesses, ne firent presque rien, & sur le tout Jes forcesdu Duc n’étoient pas proportionnées a son projet ,& ne suffi soient pas poufle tirer d’embarras. Ses grandes pertes le détermineront a faire une pai#

(a) Mem. de Sulli ubi sup, p, 520 & (F) Matthieu. Daniel p. 353.

suiv, Daniel p. 3 2 5« (ó Mein. de iulU 1, c. p. 442, 443.