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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. m

désavantageuse; le chagrin qu’il en eut le porta à continuer ses intrigues Sac-m+dans 1 espérance , de recouvrer par-là ce qu’il avoit perdu par la guerre. La xbonne fortune de Henri lui donna un nouveau courage, desorte qu’il s’ap- m floì rí dspliqua avec plus de foin que jamais à mettre ses affaires fur un bon oied au Henri Iv -dedans, & à maintenir l’honneur de fa Couronne de façon à se faire res*pester au dehors. II savoit que c’étoit delà que dépendoient sa grandeur& sa fureté. °

Une insulte faite au Comte de la Rechepot à ValJadoIid pensa le brouH- Le Roîfatëler avec la Cour d Espagne; mais le Pape s’entremit ct procura au Roi la un r °y a E e & :satisfaction qu’# demandoit. On découvrit des intelligences que le Comte Calais ’de Fuentes avoir pratiquées pour surprendre Marseille, & l’Archiduc AI- IÛ ° Kbert pour s’emparer de Metz («). Pendant que l’Archiduc assiegeoit Osten-de, le Roi jugea a-propos d’aìler à Calais, pour faire voir qu’il étoit prêtà défendre ses frontières , si l’on. fefoit quelque entreprise de ce côte-là.

C étoit au mois d Août, ct il arriva que pendant que le Roi étoit à Calaisla Reine Elizabeth fe trouva à Douvres ; eile lui envoya le Chevalier Tho-mas Ëdmonds pour lui faire compliment, ct lui écrivit une Lettre fort po-lie (b). Henri fit palier la mer au Baron de Rofni , comme par simple cu-riosité pour voir Londres; cela n’empècha pas que ce Seigneur ne vit laReine & ne s’entretim avec elle ; i! admira cette Princesse ct n’oublia riende ce qui pouvoit la confirmer dans famine quelle avoit pour son Maître(c). Quelques Historiens ( d) aíìurent qu’eile avoit une extrême envie de«'aboucher avec le Roi; à quoi il n’y a cependant gueres daoDarence vnl’âge de cette Princesse, ct la situation de ses affaires (*).

Le Roi envoya auísi le Maréchal de Biron avec deux-cens tant Seigneurs Le Mv/que Gentilshommes, pour témoigner à la Reine combien il étoit sensible à cha dé m.ion attention. La Reine étoit ailée à Balìng, quand il arriva, ct elle lui nn vaco>n >fit une réception fort gracieuse. Eile distingua parmi les Seigneurs qui l’ac- f îm J; ntercompagnoient le Comte d’Auvergne ct M. de Crequi, gendre de M. dvd’M.Lesdiguieres (/). Elle eut une longue, ct si ce qu'on dit est vrai, une à.singuiiere conversation avec le Maréchal , elle l’entrecinc de l’insolence duComte d Etìex, qu elle avoit fait décapiter au mois de Fevrier , ct elleajouta, que le Roi Henri son frere feroit bien en pareil cas d’imiter sonexemple, ct de ne pas risquer sa fureté & son autorité par une clémencehors de saison (g). Quant a ce que quelques Historiens (A) disent quellelui montra ia tête du Comte fur la Tour, c 'est ce qui est auffi ridiculeque faux, puifq ail est certain que la tête du Comte d’Essex, avoit étéenterrée avec son corps. Cambden (r) a fort bien remarqué’ que peut-être la Reine entra dans quelques détails touchant le Comte , pour dé-tourner le Maréchal des dangereuses intrigues où il étoit engagé, ct quiquelques mois après lui firent avoir le même sort que le Comte d’Essex.-

'00 Ugndwood’s Metnorials T. 1 . p. 342 . cité, Cit. du Tmd.

Se Ihou, Lettre du C. d'Uíiat f. IV. (/) De Tìwj. 1. c. Htílv de Lesdiguieres-

(D Mem de Sulli T. IV. p. 33. L. vil. Ch. 3. p. 423.

(c) Le même. ( gl De Thou L. tXXVI.

00 Danìet I. c. p. 345. (L) Le même, Mezeray.

(.») Voyez ia-dessus Suíii dans fendrait (r) Annal. Elizab. p. 877.- ■