HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 227ses Allies étoient mécontens. II étoit convaincu que plusieurs de ses su- Sectionjets avoient conspiré contre sa personne & son Gouvernement, & quand x.il vint à approfondir les choses, il eut lieu de douter s’il lui restoit un seul
ami, tant la liste des mécontens étoit nombreuse,le Baron de Rosni même -
s’y trouvoit ( a ). Au milieu de tous ces embarras , ce que le Roi redou-toit le plus lui arriva; c’est à-dire qu’il lui survint une querelle domestique{b) ; les choses allerent si loin, que le Roi pensa à renvoyer la Reine à Flo-rence, au moins d’éloigner d’elle tous les Italiens, également haïssables &haïs en France. Le Baron de Rosni l’en dissuada, & Henri lui dit à cetteoccasion, souvenez - vous que peut - être vous £? moi mus mus en repentironsun jour (t).
De nouvelles découvertes déterminèrent le Roi à revenir brusquement Le Roi està Fontainebleau, bien résolu de se tirer de tous ces embarras par quelque parfaitecoup de vigueur; & quelque nécessaire qu’il fût, ce ne fut qu’avec répu- *”/'gnance qu’il prit ce parti, ainsi qu’on le voie par le témoignage unanime inspirationdes Historiens les mieux instruits de ce tems là; ce qui met le fait hors dt du Maré-doute ce font les dépêches de l’Ambassadeur d’Angleterre qui étoit alors à à/ de Bi*la Cour de France , qui parle du Roi comme d’un Prince soupçonneux, ti- ron -mide, changeant, sujet à Ja crainte, & dont la çolere n’étoit pas fort àredouter (d). Etrange portrait de Henri iV. ! Mais on en fera moins sur-pris, si l’on fait réflexion, que celui qui l’a tracé jugeoit absolument furles apparences, & qu’il ne pouvoit avoir les lumières que nous avons au-jourdhui. D’autre part, le Roi & ses Ministres avoient leurs défauts; lavie déréglée de ce Prince le rendoit nécessairement méprisable, c’est à quoiil seroit à souhaiter que ses semblables fissent réflexion ; mais fl les Roisfont hommes, ce qu’sls font comme hommes, ne laisse pas d’affeòter leurcaractère en qualité de Rois. Le Baron de Rosni étoit un grand Ministreun honnête homme, mais il étoit d’une humeur austère, haut dans sesmaniérés, & trop peu complaisant pour son Maître & pour ses sujets.
D’ailleurs les griefs dont nous avons parlé n’étoient nullement imaginaires,quelque nécessaires que soient les impôts, ils sont toujours à charge à ceuxqui doivent les porter. Le Duc de Bouillon le dit au Roi, quand ce Prin-ce , qui avoir de grands soupçons contre lui, lui parla. Ces soupçons l’en-gagerent à presser le Duc de rester quelque tems à la Cour; ìe Duc répon-dit fort adroitement., qu’il alloit au plutôt regler ses affaires domestiques,a lin de pouvoir rester auprès du Roi toute fa vie, s’il le falioic, & mo-yennant cela il se mit en fureté (e ). Le Duc d’Epernon en agìc plusnr -)blemenc » quand le Roi lui fit la même proposition , il l’accepta d’a-burd, & offrit au Roi de demeurer près de fa personne six mois, & siCs = tems ne suffisoit pas, il lui jura qu’il ne le quiteeroit point, que ses^mpçons ne fussent entierement dissipés ; Je Roi fut très-content & le■^uc tint parole (/). Le principal étoit d’avoir Biron cn fa puissance,
00 Mem. de Sulli 1 . c. p. 84. ( d ) JVimvood ubi íup. p. 407, 4x1.
(b) Wimveoà 1. c. p. 406 , 407. Sulli (e) òulii i. c. p. .02-106.
Ubi íup. p. m & fuiv. {f) Le même, p. 101.
fr) Le même, p. j, 4> Qt. du Trad.
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