228 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section a jant assez de preuves des trahisons de ce Seigneur/ La Fin, qui avoirX. été son grand confident, avoit tout découvert, & avoir justifié ce qu’ilàri^iv.avanxoit par des pièces originales de la propre main du Maréchal Ça),
_* qu’i) avoit mis entre les mains de La Fin , pour quelles fussent en fureté.
Le Baron de Lus, autre Confident du Maréchal & qui lui étoit fidele,se trouvoit alors à la Cour, le Roi l’amusa & La Fin en fit autant, enrassurant qu’il avoit trompé les Ministres par de fausses informations, &que le Maréchal n’avoit qu’à profiter du tems pour mettre ses affaires entel état, qu’il n’eût rien à craindre, malgré les soupçons du Roi (b). Tel-le étoit la situation de Henri, qui étoit encore bien loin d’être déterminé àla perte d’un homme, qui avoit conjuré la sienne.
Le Mari- A son retour de Suisse, le Maréchal de Biron s’étoit retiré dans sonchai vient à Gouvernement de Bourgogne, & avoit mis dans les plus fortes Places desÌa Cour & Gouverneurs, fur lesquels il croyoit pouvoir compter. Le Roi qui neJ aire e. Mouvoir plus soutenir l’état d’incertitude où il se trouvoit, envoya ordreauMaréchal de venir à la Cour ; il s’en excusa, fur ce qu’il avoit avis que lesEspagnols dévoient faire passer un grand nombre de Troupes par la Fran-che-Comté, fous prétexte de les envoyer dans les Pays- Bas, en forte quefa présence étoit nécessaire en Bourgogne (c). Le Roi lui envoya alors leSieur des Escures, intime ami du Maréchal, mais qui n’entroit pas dans fesintrigues, & ensuite le Président Jeannin, qui le détermina à se rendre âFontainebleau, dans la persuasion que le Roi le croyoit innocent, ou aumoins qu’il n’avoit que des soupçons (d). Ce qui y contribua encore, c’estque la plupart des villes de Bourgogne étoient fans défense par l’adresse duBaron-de Rosni. Celui-ci en qualité de Grand Maître de l’Artillerie, luiavoit fait entendre, que tous les Canons, qui étoient dans les Places deBourgogne, avoient besoin detre refondus, & il avoit consenti que leMaréchal envoyât des gens à Lyon, pour voir embarquer les nouvel-les pieces qu’il lui envoyoit, à la place des vieilles qu’on fesoit partir.Rosni fit ensuite arrêter les premieres en chemin ; enforte que Biron setrouva désarmé ; il jura aussi qu’il s’en vengeroit Çe). Le Duc d’Epernonle sachant près de Paris, lui envoya une personne de confiance, pour luidire de sa part, que si sa conscience lui reprochoit quelque chose, il luiconseilloit de recourir à la clémence du Roi. 11 regarda cet avis commeune injure, mit la main fur la garde de son épée , & menaça de faire périrse s accusateurs. II arriva le 13 de Juin à Fontainebleau. Le Roi le reçuten apparence très-gracieusement, & le pressa trois fois ce jour-là de luiparler à cœur ouvert ; il lui envoya aussi le Baron de Rosni & Je Comte deBoissons dans la même vue, mais fans fruit (/). Henri ne pouvoit fe ré-soudre à punir un homme qui l’avoit si iongtems & si utilement servi, &quialloit être la victime de ses intrigues/ mais le Maréchal insistant tou-
(a) Wimvoùd I. c. p. 403, 421. (d) Mezeray I. c. p. 262.
(b) Daniel 1 . c. p. zêo. De Thou L. (e) Menu de Sulli I. c. p. 117, ng.
CX"XVIII- (f) Le même, p. 122 & luiv. Daniei
(c) Daniel p. 3S1. JFinwood ì. c. p. 407, 1 . c. p. Z6z. Mczeray p, 263.
40p.