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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 22p

Jours sur son innocence, demandoit le nom de ses accusateurs, & mêloit sectionmême les menaces avec ses protestations. Le Roi aìant fait assembler son X.Conseil secret, résolut enfin de faire arrêter le Maréchal & le Comte d’Au-

vergne. En rentrant dans son appartement, après avoir vu le Maréchal, _-

il lui dit, Adieu Baron de Biron , vous Javez ce que je vous ai dit. Ensortant de l’Antichambre, Vìtri Capitaine des Gardes l’arrêta, & le Com-te d’Auvergne le fut dans un autre endroit; ils se préparoienc tous deuxà s’échaper cette nuit-là , fur les avis réitérés que leurs amis leuravoient donnés (a).

Les deux prisonniers furent menés par la riviere à la Bastille, & le Roi Le Parle-.arriva le même jour à Paris. Le 18 de Juin, ce Prince envoya commis- ment Misaitsion au Parlement, pour faire le procès au Maréchal de Biron. Ce foigneur se conduisit de la plus folle maniéré devant les Commissaires qui Fin àm/bterrogerent, tantôt il nioit tout, tantôt il confelToit au delà de ce qu i\ exécuté.falloir. Quand on lui confronta La Fin , il déclara d’abord qu’il le recon-noissoit pour homme d’honneur, son ami & son parent ; mais quand onlut fa déposition au Maréchal, ill’accusa, avec assez de vérité des crimesles plus infâmes (b). 11 dit aussi, que si le Secretaire de La Fin étoit pré-sent, il le démentirait ; le Duc de Savoye l’avoit fait arrêter, & le Ma-réchal croyoit que le Duc l’avoit fait mourir. Mais cet. homme s’étoitsauvé de prison, & on le fit paroitre devant le Maréchal, qui en fut étran-gement consterné, & il en conclut que le Roi d’Esbagne & le Duc de Sa-voye Favoient trahi ( c ). Son propre Secretaire Hébert, & plusieursEcrits de fa main déposèrent aussi contre lui. On fit comparaître le Ma-réchal au Parlement le 27 de Juillet, où il y avoit cent-douze Juges detoutes les Chambres assemblées, mais il ne s’y trouva aucun des Pairs, bienqu’ils eussent été ajournés deux fois pour assister au jugement. Le Maré-chal, qui avoit repris ses esprits, se comporta d’une toute autre maniéréqu’il 11’avoit fait jusques-là. 11 parla longtems & avec éloquence, fit valoirses services qui étoient effectifs, au lieu que ce dont il étoit accusé n’é-toient que quelques paroles emportées, des rêves ambitieux, des fuméespolitiques, qui n’avoient jamais eu d’effet (d). Son discours fut si tou-chant , qu’il tira des larmes des yeux. d u premier Président & de plusieursdes Juges. Si l’on eût opiné fur le champ, on croît, que peut-être il au-roit obtenu grâce; mais comme il étoit trop tard, on remit l’affaire au 29de Juillet, qui étoit le Lundi, & les Juges le condamnèrent tous d’unevoix à la mort ( e ). II fnt exécuté le 31 dans la Bastille ; il ne se possédapoint du tout, & ne fit rien paroitre de cette intrépidité, qui lui Uvoitacquis à juste titre une si grande réputation (/) (*). Le Baron de Fonta-

(a) Daniel , p- 365, Mezeray. Çd) Winwood 1. c. p, 423 & fuiv. Cay ct

(b) Cayet Chronel. Septénaire fous Tan ubi fup.

I1602 Daniel p. 368, 370. te) Les mêmes.

(c) Matthieu T. II. L. III. (/) Daniel 1. c. p 374-376. Mezeray á A

(*) Ce fera vraisemblablement faire plaisir au Lecteur, & lui fournir en même teinsdes éclairciííemens nécessaires, que de dire quelque chose de ce qui regarde peifonnel-

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