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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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2 2 o HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.

Section nelle fat rompu vif comme son complice. Le Comte d’Auvergne eut sex. grâce par les sollicitations de Mademoiselle d Entragues fa sœur, & parce-

miìove de h r ^

Henri IV.

--— lement un homme dont !a bonne & la mauvaise fortune ont été fl extraordinaires.

Charles de Contant, Baron de Bíron, étoit le fils aîné d’Armund de Biron, Maréchalde France, issu d’une ancienne & noble famille, quoique pas d’une Maison illustre pro-prement. 11 n’étoit rien moins qu’agréable dans fa personne; dune taille fort médiocre& replet; 11 avoit la têtq petite, les yeux creux & quelque chose de perçant & de malindans le regard. II n’étoit point ignorant, quoiqu’i! n’atmât pas les Lettres. II avoit lu& poTedoit non seulement les Historiens François & Latins , mais auíìi les Grecs.Mais quoiqu’il fût naturellement vain, il caçhoit plutôt ses connoissances qu’il n’enfesoitparade. C’étoit un grand Capitaine à tous égards, non moins distingué par une con-duite judicieuse que par son intrépidité. 11 avoit servi Henri IV. depuis son avène-ment à la Couronne avec autant de courage que de succès, surtout au siégé d’Amiens,où il se surpassa lui-même, & fit au delà de ce que son Maître eípéroit. Si les hon-neurs qu’il obtint furent une effet de la reconnoissance de Henri, ils furent auíG la causede sa perte Quand le Roi revint triomphant à Paris après la prise d’Amiens, il dit àquelques-uns de ceux qui vinrent le complimenter en montrant le Maréchal, ., Voila„ MM le Maréchal de Biron, que je présente volontiers à mes amis & à mes enne-,, mis”. Le Roi ne se borna point â de simples louanges, il le fit Maréchal, Duc L Pairde France, lui donna des Terres , des Pensions, lui accorda de teins en sems desgratifications, & le Gouvernement important de la Bourgogne avec de gros appointe-mens. Mais il étoit impossible de le contenter, parcequ’il étoit impossible de l’em-pècher d’avoir toujours besoin Son foible étoit le ieu, auquel il perdit dans l’espa-ce d’un an cinq-cens mille écus. Sa vanité étoit si excessive, que tous sc-s discoursne rouloient que fur les défauts des autres, ou fur ses propres louanges, en forte qu’ilétoit universellement haï, à l’exception de ses créatures & de ceux qui étoient liésavec lui. D’ailleurs il étoit sobre, dormoit peu , s’appliquoit aux affaires, qu’il mé-nageoit avec dextérité & en général heureusement. Le Roi regardoit ses plus mauvai-ses qualités plus comme des foiblesses que comme des vices, l’aimoit sincèrement, &diiôit du bien de lui en toute occasion. Biron au contraire n’avoit nul égard pourle Roi, en prrloit avec mépris, & exattoit ses propres services, ce dont íl auroit pu sedispenser, puisque par le commandement du Roi on en avoit fait l’énumératiotj dans sesPatentes, qui portoient qu’il avoit reçu tvente-cinq blessures. 11 disoit que le Roi étoitmesquin i faire pitié en des choses absolument nécessaires, & prodigue pour ses Maî-tresses- 11 le taxoit de négligence pour les affaires, d’inconstance dans ses résolutions,& d’oublicr les services de ses amis. Lorsque sur l’aveu qu’il fit au Roi à Lyon deses intrigues ce Prince lui eut pardonné, il dit publiquement, „ Qu’il prenne garde,, de me fâcher, je fais comment ii faut tn’y prendre pour faire sentir aux Rois & aux,, Empereurs mêmes mon ressentiment”. Nonobstant tout cela le.Roi auroit fort sou-haité de le sauver & avoir quelque autre victime. Le Maréchal lui - même le dit lors.qu’il étoit trop tard; il disoit souvent á ceux qui étoient auprès de lui; ,, II y en a p!u-,, sieurs aussi coupables que moi, mais il-n’y en a pas un de si malheureux”. II étoitfort entêté de l’Astrologie judiciaire , & ne laissa pas de persister dans ses intrigues,quoique les' Devins lui prédissent fa perte plutôt par leur pénétration que par ltur arctrompeur. Il marqua une extrême foiblesse dans fa disgrâce, conjurant le Chancelier& tous ceux quiTapl>rochôíent d intercéder pour lui auprès du Roi, ne demandant qu’àêtre enfermé entre quatre murailles , chargé de chaînes, pourvu qu’il eût la vie. Iln’accusa -cependant personne , & chercha feulement à faire retomber le blâme de sonciime sur La Fin , qui étoit disoit-il un aorcier qui l’avoit en force! lé. II n’avoit pasquaiante ans. j; n permettant que Biron subit la rigueur des Loix, le Roi fit un acte dejustice malgré lui, & perdit I avantage qu’il se proposoit, de tirer de iá bouche de cecinfortuné Seigneur un détiïl exact de toute ia consultation. Mais ïe Baron de Lux,qui fit fa paix, suppléa â son défaut , & mit deux heures entieres à faire ce détail auRoi. II justifia bien ce que Biron avoit dit, qu’il yen avoit nombre aussi coupablesque lui. Mats cela même fit renoncer Henri au dessein d’uler de sévérité , le nombre