HISTOIRE DE FRANCE. Lnr. XXIII. a 31
qu’il étoit le dernier mâle de la Maison de Valois. Le Baron de Lux, qui Sectionsavoic tous les secrecs de Biron, vint à la Cour après la mort de ce Sei- x ;gneur, & révéla tant de choses, que Je Roi jugea à - propos de faire sem-
blant de les ignorer, pour ne pas réduire à l’extrémité ceux qui avoient in--V
trìgué avec les Cours d’Espagne & de Savoye («). La Reine d'An-gleterre & le Roi d'Ecosse envoyerent des Ambassadeurs au Roi pourlui faire des complimens fur la découverte d’une si dangereuse conspira-tion. Le Roi d’Espagne & le Duc de Savoye en firent autant, maisle Roi reçut leurs complimens d’une façon bien différente. Ce Prince prittoutes les précautions nécessaires pour la fureté ; il envoya le Maréchal deLavardin avec des Troupes en Bourgogne, dont il donna la Lieutenan-ce-Générale à M. de Bellegarde, fous Monsieur le Dauphin, qui en futnommé Gouverneur ( b ).
Au mois de Septembre les Cantons Suisses & les Grisons envoyerent une AmbassadeAmbassade solemnelle ,qui étoit composée de quarante deux personnes, qui ^Cantonsfurent reçus avec beaucoup de distinction, & traités avec toute l’honnête fçíUr^sow.té & festime possible. Ils firent.trois demandes. La premiers, faugmen- e riJtation de la somme de quatre - cens mille écus, qu’on devoir leur payertous les ans. La seconde, la conservation des privilèges de ceux de leurnation qui trafiquoient en France. La troisième , qu’on leur donnât lesdeux déclarations, qu’on leur avoit promises, l’une pour les cinq petitsCantons, touchant la continuation de leur alliance avec les Duchés de Mi-lan & de Savoye ; l'autre pour les Cantons Protestans, qu’ils ne seroientpoint obligés de faire la guerre en France contre les Réformés. Le Rois’excusa sur le premier article, à cause de l’épuisement de ses Finances, &il accorda les deux autres (c). Le 20 d’Octobre, le Traité fut solemnelle-tnent juré dans l'Eglise de Notre-Dame, d’abord par les Ambassadeurs &ensuite par le Roi. A leur départ il leur fit présent à chacun d’une chaîned’Qr, avec une médaille d’un or, dont avoit depuis peu découvert unemine vers la Bresse (d). Cette année le Roi donna plusieurs Euiís pour le
(a) Cayet Chronol. Septénaire. WimvooA's (c) Wimvood 1 . c. p. 441. Daniel p.Memorials T. I. p. 445. 382, 383
G; Daniel 1 . c. p. 379. (H De Thou L, CXXIX. Daniel p. 385.
des mécontens de qualité étoit u grand, que Sulli même n’apas osé en donner les noms;& l e Roi ne Cachant à qui Ce fier jugea qu’il étoit non seulement de la prudence,niais d’une abColue nécessité de dissimuler. Nos Ministres Anglois ignoroient ce secret,stuand ils taxoient Henri d’irréCoìution & de timidité; ce Prince n’avoic peut-être pasmi Ce u! véritable ami dans fa Cour & dans Con ConCeil sinon RoCni, & encore étoit-ilaccusé. Ce sut-là la eau Ce de la haine du Roi pour la Maison d’Autriche, & nous ver-sons qu’il eut pendant le cours de Con régné bien des raisons de s’y confirmer. H recou-rt ut que cette Maison étoit Con irréconciliable ennemie; qu’elle persistoit toujours à dé-baucher Ca Noblesse, afîn de diviser Cou Royaume. Ce fut ce qui le détermina à pren-dre le Cage parti de ruiner cette redoutable Puissance,dont le voisinage ne hissoit aucuneautre en Cureté; mais !! étoit nécessairement obligé de tenir Con de'sein secret, ak deprendre de jultes mesures pour l’exécuter. Telle fut l’issue de la conspiration de Biron,
, ce hit ce qui engagea Henri à user de dissimulation. C’est à quoi il faut faire atten-tion, pour mieux comprendre la suite de l’ííilloire.