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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section Vannée 1604, après avoir passé des jours fort tristes avec son mari. LeX- Roi en fut fort affligé, & les Réformés encore davantage, car elle avoicété constante dans la profession de leur Religion, & ils étoient assurés d’a-

_! voir en elle un avocat, tant quelle vivroit. Le Pape venoit d'accorder

Duchesse de la dispense pour son mariage, bien que de'Religion différente, mais elleSar 0 du n ’arriva qu’après fa mort (a). C’étoit le Cardinal d’Ossat qui avoit obtenud^Oshf ^ dispense, ce fut le dernier service qu’il rendit à Rome, étant mort peu^ ' après. La plupart des Historiens François en parlent comme d’un hommed’une capacité supérieure, & d’une probité incorruptible, c’étoit par fesgrands talens qu’il étoit parvenu au Cardinalat, & par fa droiture i! étoitau dessus de fa dignité. Quelques - uns ont néanmoins prétendu, que ceCardinal étoit tellement Ecclésiastique dans famé, qu’il travailla de tout sonpouvoir à faire revivre dans le Conseil de Henri les sentimens de la Ligue,c’est-à-dire d’unir le Roi avec VEspagne, de le réduire à une entiere sou-mission pour le Pape, & de le ramener imperceptiblement & par degrés àl’ancien système de la Maison de Valois, dont la grande vue étoit l’extinctionde l’Hérésie, ou en d’autres termes la ruine des Huguenots (/;).

Un Commis On n’avoit pas même renoncé 3 d’autres voies, si l’on ne réussisss t pasde Villeroì par celles de la douceur,- c’est ce qui parut par la découverte que sit l’Am-bassadeur du Roi à Madrid,- il s’apperçut que les Ministres d’Efpagne é-fát aux Es- toient instruits des plus sécrétés résolutions de la Cour de France avant lui ;pagnois. J & il ne fat pas ìongtems h savoir par quelle voie cela fe fesoit. Un nom-mé Rafis, qui avoit été ardent Ligueur, s’étoit réfugié à Madrid; cethomme offrit à VAmbassadeur, de lui découvrir tout le mystère, s’il vou-loir obtenir fa grâce <k quelque récompense. L’Àmbassadeur lui donna saparole pour l’un & pour Vautre; Rafs lui apprit, que Nicolas l’Hòte, Com-mis de M. de Villeroi, Secretaire d’Etat, fesoit part aux Ministres Espa-gnols de tous les secrets dont il étoit informé, moyennant une pension dedouze-cens écus d’or qu’on lui donnoit. L’Ambassadeur envoya Rafis avecson propre Secretaire en France; mais la Cour d’Efpagne aiant appris leurdépart, dépêcha un courier à Ion Ambassadeur à Paris pour qu’il avertitl’Hôte de prendre garde à lui. Le courier arriva à propos, & l’Hôte s’é-chapa dans le tems que le Roi avoit donné ordre de l’arrêter (c). On lepoursuivit, & espérant de passer la Marne à la nage,il se noya (d). Quel-ques-uns disent que ce fut par accident, d’autres i’attribuent au désespoir,d’autres enfin prétendent que son guide lui fit ce tour (s). 11 courut à

cette occasion des bruits fort désavantageux pour Villeroi, & si l’on encroit M. de Rosni 1 on ennemi, ils n’étoient pas tout à-fait fans fonde-ment. Villeroi lui-même écrivit son Apologie, qui a été imprimée de-puis; il ne put néanmoins jamais dissiper les soupçons, quoique l’état desaffaires du Roi, & peut-être son inclination,car Villeroi avoit acquis beau-coup de pouvoir fur son esprit, le fissent rentrer dans le Conseil, & luiattirassent autant de confiance que jamais (/).

(<f) Daniel 1 . c. p. 425.

(b) Mezeray 1 . c. p. 292. Mem. de Sullitìbi tup. p. 127.

(jcj Aíein. de Sulli p. rZ5 L íuiv. à-

Miel p. 427, 428 , Mezeray p. 299, 3 ° 3 '(d) Les mêmes.

(í) Les mêmes.

(f) Sulli ubi íiip.