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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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2 3 <5 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section des Lettres da Comte d’Auvergne qui furent .interceptées. Ce Seigneurx. q U i avo i t eu part à la conspiration de Biron, aianc obtenu fa grâce, avoirH volontairement offert de faire le métier d’espîon envers l’Espagne, & fous

enn prétexte des correspondances qu’il entretenoit pour cela avec les Espagnols,velie Con . il leur découvroit tout ce qu’il pouvoir apprendre des secrets de l’Etat. Surspiration. i es avis qu’il eut que ses intrigues étoient découvertes, il fe retira en Au-vergne , & là il prit toutes les précautions possibles pour ne pas être arrê-té ; mais cela n’empêcha point qu’il ne fût saisi à une revue, & conduit àla Bastille, où on le mit dans le même appartement qu’avoit occupé le Ma-réchal de Biron (a). 0.1 reconnut bientôt que fa sœur avoir part à fer in-

trigues , & que fous prétexte de rompre avec le Roi, elle avoir dessein depaífer avec fes enfans en Espagne, aiant entretenu correspondance avec lesAmbassadeurs de cette Couronne en France & en Angleterre. Son perefut aussi arrêté, & elle fut gardée dans fa maison (è). Le Roi paroissoitfort irrité,& pleinement résolu d’abandonner les coupables à la rigueur desLoix; desorte qu’il ordonna au Parlement d’instruire leur procès. An mi-lieu de toutes ces affaires chagrinantes, le Roi travailloit fortement à exécu-ter les projets faits pour acquitter les dettes de la Couronne, pour rétablirl’ordre & la justice dans les Provinces, & pour augmenter le trésor qu’ilavoit en réserve ; il employa dans ces vues des expédiens qui ne furent pasapprouvés de tout le monde. Les besoins de l’Etat étoient grands à la vé-rité; mais en levant de Targent, le Roi & son Ministre fe laisscrent trop allerà Tenvie d’accumuler.

Les Coupa • Le Parlement travailla avec chaleur au procès des Criminels ; le Comte

blessant' d’Auvergne jetta tout le blâme fur fa sœur, & celle-ci lui rendit la pa-par^Par reille. Le vieux d’Entragues fe comporta avec plus de constance & delemcnt, dignité, il fe chargea de tout, afin que la peine retombât fur lui. Le pre-mais il Roi mier de Fevrier le Parlement rendit l’arrêt par lequel le Comte, M. d’Entraguesadoucit la A un Anglois nommé Morgan, qui avoit eu part aux intrigues furent con-icos' damnés à perdre la tête, & la Marquise de Verneuil à passer le reste deS * ses jours dans un Couvent (c). Malgré tout ce que Ton avoit fait, l’arrêtne sortit point son effet. Le Roi commua la peine de mort statuée contrele Comte d’Auvergne, en celle de prison perpétuelle,par plusieurs raisons,mais surtout parcequ’il remit au Roi la Lettre dissociation entre lui, leMaréchal de Biron & le Duc de Bouillon ; ce qui prouvoit son peu de sin-cérité lors du procès de Biron. Quant à la derniere conspiration il niaabsolument qu’il eût fait aucun Traité avec f Espagne, ce qui étoit cepen-dant vrai, & il trouva qu’on le traitoic bien durement, en ne le mettantpas en liberté de recommencer fes cabales (d). Le vieux d’Entragues eutordre de fe retirer dans fa maison de Malherbes, la Marquise â Vernueil,& Morgan fut banni du Royaume (e).

Assemblée Ces troubles ne furent pas finis, qu’ils furent suivis d’autres. Le RoidsChudle- àoit convaincu, & ce qui étoit bien plus, il pouvoit convaincre tout le

(a) Daniel p. 431-433 , Mem. de Sulli 00 Les mêmes.

X. V. 244, 2.i5. (d) Cayet, Mezeray , Daniel.

(h) Lts mêmes. (s) Sulli, Mczeray.